Coopération décentralisée : des femmes maires à l’école de bonnes pratiques gabonaises

Sur invitation de Rose Christiane OssoukaRaponda, maire de Libreville, une délégation du Réseau des femmes élues locales, section du Cameroun (Refela-Cam), conduite par sa présidente Célestine Ketcha Courtès (maire de Bangangté), s’est appropriée le concept d’adressage des rues de Libreville.

Dans sa quête des voies et moyens pour lutter contre la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations camerounaises, le Refela-Cam ne rate presque plus une occasion à l’international qui met en exergue les bonnes pratiques de la décentralisation, mieux de la gouvernance locale. Et cette fois, la délégation du Refela-Cam composée de Célestine Ketcha Courtès, Mme Amougou Noma née Bibi Régine et Mme Caroline Bi Bongwa, respectivement vice-présidente du Réseau des femmes élues locales, zone Afrique centrale,et maires de Yaoundé IV et de Bamenda 1. À travers l’opération d’adressage, l’exécutif municipal de Libreville entend donner des repères pratiques aux rues de la capitale gabonaise, à partir des noms de personnes qui ont marqué (positivement) l’histoire du pays. Visiblement, ce processus qui va permettre de «localiser des parcelles et habitations, c’est-à-dire définir leur adresse à partir d’un système de cartes et de panneaux mentionnant la numérotation ou la dénomination des rues et des constructions» participe de la mobilité urbaine durable. Un concept qui permet de relever plusieurs défis : maîtriser le patrimoine de la commune, contribuer à une meilleure qualité de vie sur le territoire; établir l’équité et la justice fiscales ; avoir une meilleure visibilité et lisibilité sur le territoire ; facilité la collecte des ordures ménagères…Il est à relever que Gilbert Tsimi Evouna et Fritz Ntonè Ntonè, respectivement délégués du gouvernement auprès des communautés urbaines de Yaoundé et de Douala ont également pris part à cette solennité.

En marge du lancement de l’opération d’adressage de 3650 voies de la ville de Libreville, aux côtés d’Anne Hidalgo, maire de Paris et présidente de l’Aimf, le Réseau des femmes élues locales d’Afrique (Refela) a installé le bureau gabonais du Réseau des femmes élues locales (Refela-Ga). De retour de Libreville, les trois femmes élues locales membres du Refela-Cam apprécient les bonnes pratiques à la Gabonaise. Pour Mme Courtès : «Nous avons beaucoup appris du concept d’adressage. Car, le développement durable est un ensemble, avec notamment le droit de recevoir des informations de manière aisée, pour que finisse l’approche indicative des lieux : «Arrivez au carrefour Nkol-Étone, prenez à droite en face de la station, puis montez jusqu’au bac à ordures, ensuite prenez à gauche chez Many beignet et demandez la maison de la mère du ministre X…» Dans la même veine, Mme Caroline Bi Bongwa affirme : «L’adressage est une opération que les autres communes doivent s’approprier. Car, en nommant les rues d’une commune par les noms de famille, cela rappelle bien l’histoire du pays ou de la région. S’agissant de l’installation du bureau du Refela-Ga, c’est une initiative encourageante. Car, il est important que les femmes maires se réunissent afin de partager les idées et expériences, pour développer durablement leurs communes respectives». Et Mme Amougou Noma d’ajouter : «L’opération d’adressage présente beaucoup d’avantages pour la gouvernance locale. Notamment le passage de l’urbanité informelle à l’urbanité citoyenne ; l’amélioration de la fiscalité ; la maîtrise des populations à partir des rues dénommées ; des facilités dans la gestion des voiries, la collecte des ordures et la sécurité publique… ».