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Convention LFPC – Garman, Jean Paul Fondjio attaque et propose…

Convention LFPC – Garman, Jean Paul Fondjio attaque et propose…

Le président directeur général de Smart Sport, Jean Paul Fondjio attaque la convention signée le 06 mars dernier entre la Ligue de football professionnelle du Cameroun (Lfpc) et la structure italienne Garman. Cet ex équipementier des championnats professionnels du Cameroun (Ligue 1 et 2) dénonce ce contrat qu’il juge « illicite » et propose un kit qu’il estime de meilleur qualité et à moindre un coût. Entretien…

Qu’est ce qui motive votre opposition au contrat signé entre la Ligue de football professionnel du Cameroun et l’équipementier italien Garman ?

Je m’oppose à ce contrat pour la simple raison, qu’il ait été signé au mépris total de la libre concurrence, qui est un précepte fondamentale dans la passation des marchés publics. Le légaliste que je suis, ne pouvais pas se taire devant un abus aussi grotesque. Voici la raison pour laquelle, je m’insurge contre cette convention et exige la réparation.

Que comptez-vous entreprendre comme démarche pour casser ce contrat signé le 07 mars dernier, que vous trouvez non conforme aux lois de la république ?

La convention est signée, mais elle n’est pas encore exécutée. Je vais me rapprocher de mon conseil d’affaire. Nous allons saisir le tribunal du commerce afin de l’attaquer, si rien n’est fait entre-temps. Je tiens à préciser que nous n’avons pas encore le corps du délit en notre possession.

Votre démarche a-t-elle pour but de voir les clubs camerounais dans la précarité vestimentaire plus longtemps ou quoi ?

Ça n’a rien à voir. Nous sommes dans un Etat de droit. Je fais des affaires à l’étranger. Quand je vais présenter mes services à l’extérieur, je me plie aux exigences réglementaires du pays hôte. Si je me rends en Italie, base de Garman par exemple, monsieur Garman ne va pas rester silencieux, Lotto, Diadora et les autres ne vont pas se laisser faire. Pourquoi la libre concurrence qui est prescrite et exigée en Italie ne l’est pas au Cameroun ? Je ne suis pas contre la venue d’un concurrent. Sauf qu’il y a des lois à respecter. Le favoritisme est un délit en droit du commerce.

Pourquoi parlez-vous de favoritisme, quand on sait que la Ligue professionnelle du Cameroun existe depuis 4 ans et en croire les responsables de la structure personne n’aurait fait d’offre avant ?

La Ligue existe certes depuis 4 ans, mais avant la rupture du contrat avec la société de téléphonie mobile MTN, qui sponsorisait le championnat, j’étais le fournisseur du championnat (équipementier ndlr) et personne n’a jamais rien reproché à la qualité des produits, que je proposais.

J’ai fait plusieurs propositions à la Ligue et personne ne m’a écouté. Quand je m’oppose au contrat avec Garman, des voix s’élèvent et disent, que j’étais le seul équipementier pendant 10 ans. Ce n’est pas faux. Sans prétention, je puis vous dire, que je suis le seul vrai équipementier au Cameroun. A l’époque, au terme d’un appel d’offre internationale, lancé la Fécafoot et le sponsor ont choisi Smart Sports, ma structure pour habiller les clubs. Le même appel d’offre était lancé à chaque fin de saison.

Puma a décliné l’offre. Car un appel d’offre de 100 milles d’euros n’est pas intéressant pour eux. L’ambassadeur itinérant, Roger Milla a trouvé un équipementier qui venait de Montpellier (France), qui n’a pas fait le poids contre Smart. Plusieurs hommes d’affaires au Cameroun ont postulé à l’appel et non pas pu rivaliser contre les produits Smart. Ma structure n’était pas en situation de monopole. Je n’ai jamais exigé une seule marque pour tous les clubs du championnat. Pourquoi les dirigeants de la Fécafoot et ceux de la Ligue de football pro, qui estimaient par le passé qu’il faille lancer un appel d’offre internationale pour trouver l’équipementier estiment aujourd’hui, qu’il faudrait aller chercher tout seul un équipementier sans appel d’offre ? Je trouve ceci injuste et pense que c’est une entente illicite. L’entente illicite est répréhensible par les lois du commerce.

Qu’est ce qui pourrait motiver cette entente que vous qualifier d’illicite ?

Je n’ai pas le fond du dossier. Je ne sais pas sur quelle base ils ont négocié la convention. Sans doute quand je vais porter l’affaire devant la juridiction compétente, mon conseil en aura une copie et on comprendra ses tenants et ses aboutissants. On constate malgré tout, qu’il y a une agression. Etant donner que je me sens agresser, je développe des stratégies pour me défendre.

Que répondez-vous aux personnes qui soutiennent, que vous réagissez de la sorte parce qu’on donne votre beefsteak à quelqu’un d’autre ?

On m’a enlevé le beefsteak dans la bouche et ma bouche reste ouverte. Qu’on me permette au moins de parler avec cette bouche (rire). Le problème n’est pas à ce niveau. Il faut que monsieur Garman s’installe au Cameroun. S’il veut s’établir au Cameroun, les lois du marché sont simples. On y ouvre facilement un registre de commerce. Pour envoyer des marchandises d’une valeur supérieure à deux millions, il faut les faire expertiser par la SGS au pays d’origine des marchandises. Une fois sur place, il faut établir les droits de douane et taxes à payer au « Guichet unique ». Il faut payer les impôts… Ce favoritisme qui fait dérouler le tapis rouge à ce monsieur qui vient gaillardement livrer ses marchandises au Cameroun est inadmissible.

Il va livrer ses produits en FOB en France. C’est la Ligue qui va les transporter. J’ai lu sur camfoot, le président de la Ligue dire, qu’il va faire une demande de dérogation spéciale auprès du directeur général des douanes pour ne pas payer les taxes. Tout ceci fausse la concurrence. Car les douaniers ne me font pas de cadeaux. Je paie les taxes et les droits. Il faut qu’une personne qui vient me faire concurrence au pays supporte les mêmes coups.

Que proposez-vous ?

J’ai entendu dire, que le kit que Garman propose vaut dix millions et que comme il aime beaucoup le Cameroun, il va faire une remise de 70%. Je propose mieux. Je propose un kit de Smart pro avec des équipements hauts de gamme, de marque : Umbro, Lotto, Adidas… ce kit vaut en valeur réelle 15 millions, je le laisse à deux millions neuf cent cinquante milles francs (2950000). Mon offre est mieux que celle de Garman. J’ai ceci de particulier, que mes produits sont connus. En plus, je paie les taxes au Cameroun. Ceci étant, je demande une concurrence pure et parfaite. Je vais adresser une contre-proposition à la Ligue. Comme il est mentionné, que les clubs ne sont pas contraints à souscrire aux produits Garman, je vais saisir la balle au rebond et leur proposer un kit parallèle. Les équipes ne vont pas souhaiter prendre le kit Garman pourront prendre ceux de Smart.

Sauf que vous proposez un kit à moins de trois millions pourtant Garman parle de gratuité…

Je ne sais pas si c’est vraiment gratuit, puisque le 1er vice-président de la Ligue (Franck Happi) nous dit, que la Ligue va supporter à hauteur de trois millions les kits à remettre à chaque club. Le communicateur de la Ligue nous fait savoir, que c’est la remise de 70% de cet équipementier qui a fait qu’on leur octroie le marché, dont la Ligue doit débourser quelque chose. Il faudrait qu’on laisse les clubs choisir entre les produits Garman et ceux de Smart Sports, pour qu’il y ait concurrence loyale.

Entretien mené par James Kapnang

 

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