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Contrôle routier : L’arnaque s’y mêle

Les usagers sont parfois obligés de payer pour des infractions imaginaires

D’une petite enquête menée sur l’axe Douala-Eséka, une révélation fracassante en découle. En effet, sur cet axe, précisément au niveau des dos d’âne qui entourent la station de pesage d’Edéa, un homme soupçonné d’être de mèche avec les agents de force de l’ordre  joue au radar.

Lorsqu’une voiture ralentit, celui-ci a le temps de noter le matricule des voitures qui traversent, et particulièrement, les matricules des grosses cylindrées. Aussitôt, il les communique aux agents de contrôle sur la route. Il y a deux semaines environ, cette stratégie a été démasquée par un usager.

Parti de Douala pour Eséka, il s’est fait interpeller 15 km après Edéa par un contrôle de la prévention routière. Après la vérification de ses dossiers, aucune pièce ne manque, sauf le Triangle avertisseur. Pour cette infraction, il a été demandé à l’automobiliste de s’acquitter d’une amende de 3600 Fcfa. Lorsqu’il se présente à la caisse pour le faire, il fait face à une opposition catégorique de la caissière qui indique que l’infraction signalée équivaut plutôt à une amende de 25 000 Fcfa.

Arguant que le véhicule est arrêté pour motif «vitesse excessive» cette somme est entérinée par un Colonel qui visiblement coordonnait les opérations. Celui-ci fait savoir que l’excès de vitesse a été signalé par le radar placé sur la route. Inquiet de ce motif qu’il trouve arbitraire, étant donné qu’il roulait à une vitesse « normale », l’automobiliste exige de voir plus clair. Et pour s’en convaincre, seuls les clichés  du radar ayant enregistrés son excès de vitesse peuvent trancher.

Mais, ce souhait de l’automobiliste sera confronté au refus des forces de l’ordre. S’en suivra des vifs échanges verbaux. Finalement le propriétaire du véhicule arrêté décide de rentrer avec une moto à Edéa, à une quinzaine de kilomètres, acheter l’outil qui lui vaut cette interpellation. Après l’avoir fait, les dossiers de son véhicule restent confisqués. Après de nouveaux éclats de voix, un haut gradé de l’armé, chez qui se rendait le véhicule interpellé intervient. Puis quelques temps après, l’amende de 3600 Fcfa de départ est acceptée. Mais curieusement le motif noté sur le reçu est «défaut de ceinture de sécurité».

Selon des riverains du susdit tronçon routier, cette forme d’arnaque qui consiste à imputer des fallacieuses contraventions à un type ciblé d’usagers, est en exergue depuis le début des opérations de contrôles routiers. Elle aurait même permis à quelques individus de se remplir les poches sur le dos des pauvres usagers, qui parfois trop pressés, n’ont pas le temps de demander à voir les clichés des pseudos radars dont parlent leurs bourreaux.

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