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Congo Brazzaville: Il y a trois ans disparaissait Melvin Ngassam Tchamba

Congo Brazzaville: Il y a trois ans disparaissait Melvin Ngassam Tchamba

Depuis le 8 avril 2011, la famille de l’ingénieur forestier camerounais est sans nouvelle de lui.

Melvin Tchamba Ngassam et ses collègues étaient en mission à Zanaga, une ville du Congo Brazzaville, le 6 avril 2011. Après une escale à Dolisie où ils passent la nuit, ils prennent la route pour Zanaga le lendemain 7 avril 2011. Où ils sont accueillis par leurs collègues qui y séjournent depuis quelques mois déjà.

Selon Elvis Tetuh Tedong, un compatriote, l’ingénieur forestier camerounais aurait disparu aux environs de 3 h jeudi 7 avril 2011. Le 8 avril 2011, son épouse reçoit un appel téléphonique. Au bout du fil, Achille Wankeu Nyamsi, sachant bien que son époux était introuvable lui demande de continuer à le soutenir comme elle le fait souvent. Le 11 avril 2011, François Ngassam Tchamba, le père du disparu, sa tante Agnès Nana et Lawrence Nsoyuni Ayenika , gérant de Gtg Cameroun, ancien patron de Tchamba Ngassam se rendent au Congo Brazzaville. Après y avoir passé trois semaines, ils rentrent au bercail sans suite, malgré les démarches faites au niveau de l’ambassade du Cameroun au Congo, la saisine du procureur et des autorités administratives de la localité de Zanaga. Selon les conclusions des enquêtes administratives et judiciaires faites par la justice congolaise, deux hypothèses se dégagent : il se serait suicidé ou alors, il se serait égaré en forêt. Toute chose qui ne convainc pas les proches qui sollicitent une reprise de l’enquête. Parce que, disent-ils, il « existe de nombreuses zones d’ombres et quelques paradoxes ». Aussi y décèlent-ils ce qu’ils qualifient de « première incohérence et violation flagrante du code de la famille du Congo Brazzaville » par l’employeur de Tchamba Ngassam Melvin.

Doutes persistants

La précipitation de la Société Geospatial Technology Group Congo intrigue également la famille qui ne comprend pas pourquoi l’employeur s’est empressé d’aller en justice demander un jugement de déclaration de décès, seulement dix- huit jours après sa disparition. « Gtgc dans sa requête aux fins d’obtention d’un jugement déclaratif de décès du disparu, argue de ce que dix huit jours après sa disparition, cela permet d’établir qu’il n’est plus en vie ! Quelle conclusion hâtive, lorsqu’on sait que cela ne repose sur aucun élément factuel avéré », s’interroge-t-elle. Evoquant une actualité un peu récente (avril 2013 Ndlr) aux Etats-Unis où trois femmes avaient été séquestrées pendant une dizaine d’années avant d’être relâchées, le collectif « retrouvez Melvin Ngassam Tchamba » que chapeaute Dr Ndzana Abanda François Xavier pense qu’il « existe de part le monde des disparitions qui ont duré des années et démontré plus tard, qu’il s’agissait d’une séquestration du disparu ». Pourtant, argumente le collectif, l’article 117, alinéa 2 du code de la famille congolais, stipule que ce n’est que six mois après la disparition d’une personne sans nouvelle, qu’on pourrait la déclarer décédée. En plus, se fonde le collectif, les articles 109, 110, 111, 113, 114 et 115 stipulent qu’il faudrait d’abord une présomption d’absence prolongée durant deux années, avant de demander un jugement de décès de la personne disparue.

Au Cameroun, des actions en vue de rétablir la vérité sur cette disparition ont été entreprises. Notamment une plainte déposée au bureau central Interpol Yaoundé, une autre au tribunal de première instance de Yaoundé. Trois ans après, c’est toujours mystère et boule de gomme.

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