Concours administratifs/Joseph Le (Le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative): «Nous avons besoin d’une République débarrassée de ses tares»

Le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, dans un entretien accordé à la Crtv radio, appelle les usagers à la vigilance face aux réseaux de corruption qui pullulent dans les préparations des concours administratifs au Cameroun.

Qu’y-a-t-il de mal à suivre des cours de préparation aux concours administratifs ?

Il n’y a aucun mal à cela. Lorsqu’on veut préparer un concours, il faut travailler intensément et nous encourageons cette démarche. Mais il se trouve que peut-être dans le cadre de la concurrence, il  existerait entre  ces groupes qui forment des jeunes gens  à la préparation des concours administratifs, certains qui  veulent aller  au-delà de ce qu’il faut faire. Il nous est revenu plusieurs fois que certains de ces groupes promettent monts et merveilles aux candidats et à leurs parents en leurs disant que s’ils inscrivent leurs enfants dans leur groupe de préparation, ils vont les aider à être admis au concours qu’ils préparent  parce qu’ils ont  des entrées qui peuvent permettre à l’enfant de réussir. Voilà ce  contre quoi je m’insurge. Le Ministère  de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative n’a mandaté aucun individu, aucun groupe, pour entreprendre ce genre d’action. S’il y en a qui ont de l’argent à jeter par les fenêtres, c’est leur problème. Nous ne sommes pas concernés.

Si on en est encore à dénoncer les réseaux de corruption  dans les concours administratifs,  cela signifie qu’il ne suffit pas d’un simple concours de circonstance pour combattre et peut-être même éradiquer le phénomène qu’est la corruption ?

C’est un travail de longue haleine, nous n’allons pas nous décourager. C’est plutôt les corrupteurs et les corrompus qui vont se décourager. C’est pour cela que je voudrais vraiment lancer un appel aux candidats, à leurs parents pour qu’ils ne se laissent plus prendre dans ce genre de piège. Le monnayage du service public est interdit dans la note d’information que nous avons publiée en fin de semaine. Nous avons rappelé les dispositions pertinentes de la loi qui punissent sévèrement, tous les contrevenants à cette disposition, il est bon que cela cesse. Je sais que c’est difficile, mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut reculer ou croiser les bras. Nous ne devons pas être impuissants.

Et si les faits dénoncés se déroulent avec le concours de vos propres services, les mêmes sanctions s’appliquent toujours ?

Mais bien sûr !  Les échos qui me parviennent, notamment  des usagers, semblent dire que ça va mieux, mais le travail va se poursuivre.

En mettant l’argent hors circuit dans les concours administratifs, vous risquez gros en vous mettant à dos ces nombreux  parents prêts à payer le prix pour offrir un matricule à leurs enfants…

Il faut que ces parents comprennent que nous voulons leur bien et celui de leurs enfants. Si nous voulons avoir une administration publique camerounaise compétente, digne de notre grand pays, il faudrait que nous ayons des fonctionnaires, des agents de l’Etat compétents et qui entrent dans une formation parce qu’ils sont compétents, parce qu’ils sont à la hauteur.

Y compris vos propres enfants ?

Mais bien sûr. Mes propres enfants lorsqu’ils doivent préparer un concours, nous leurs donnons la possibilité d’aller dans de bonnes écoles, de se faire suivre par de bons moniteurs, de telle sorte qu’ils soient à la hauteur le moment venu. Je n’ai pas besoin d’intervenir pour ça au contraire.

Nous vous savons ouvert au public, combien d’appels ou messages de dénonciation avez-vous déjà reçu depuis la publication de cette note d’information ?

Nous avons reçu beaucoup de message. Mais, ceci rendre dans le cadre de l’action que nous avons entrepris depuis le mois d’avril dernier. Nous avons mis à la disposition des internautes et du public en général, une adresse électronique et cette adresse fonctionne à merveille. Nous recevons en moyenne 30 messages par jour et par mois, cette moyenne est portée à 900 messages. Il y a des messages de dénonciation, des messages de demande d’information par rapport à certains services, bref, il y en a un peu de tout.

Des menaces aussi pour cette révolution que vous apportez ?

Je n’ai pas encore reçu de menace. Curieusement. Pourquoi devrait-on me menacer ? C’est une action salvatrice pour l’ensemble de la nation. Nous recevons plutôt des encouragements. C’est vrai qu’il y en a qui sont un peu sceptique, mais ils nous encouragent. La République doit être exemplaire.  Nous avons besoin d’une République débarrassée  de ses tares.

Source Crtv radio.