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Compétitivité: Séance d’exorcisme au Port autonome de Douala

Compétitivité: Séance d’exorcisme au Port autonome de Douala

Le ministre du Commerce a présidé une séance de concertation hier jeudi 6 février 2014 avec la communauté portuaire. Au menu des échanges, les maux qui minent cette structure et l’ébauche des solutions en vue de les pallier.

Selon les milieux des affaires, le Port autonome de Douala connaît une désaffection préjudiciable à l’économie nationale et à sa compétitivité. Dans le droit fil, certains acteurs majeurs soutiennent que le Pad est devenu un port secondaire du fait que les navires ne parviennent plus à accoster à Douala à cause de l’ensablement. Conséquence, nombre d’armateurs sollicitent des ports de Cotonou, Pointe Noire et Libreville.

Suffisant pour que le ministre du Commerce prenne le taureau par les cornes en organisant une séance de concertation avec la communauté portuaire. Sur les mobiles de son séjour dans la capitale économique, Luc-Magloire Mbarga Atangana s’est voulu sans ambages. «Je suis venu pour écouter et recueillir des suggestions pour que les choses s’améliorent dans l’enceinte portuaire. Notre port n’attire plus les compagnies maritimes. L’échange avec les acteurs de la zone portuaire vise à dégager des solutions à court, moyen et à long terme». En réalité, cette rencontre se situe dans le prolongement de celle tenue à Yaoundé le 5 décembre 2013. En ce temps-là, des travaux de maintenance effectués sur le portique numéro un de Douala international terminal (Dit) avaient entraîné un ralentissement des activités au port. Depuis la fin de ces travaux, on n’est pas sorti de l’auberge. Bien plus, plusieurs goulots d’étranglement sont en place.

Hier, jeudi 6 février 2014, l’une des salles de conférence du Pad a permis aux syndicats, transitaires, commissaires agréés, manutentionnaires, exportateurs, importateurs, transporteurs, consignataires, aconiers, armateurs, directeur général du Pad, directeur général de l’Autorité portuaire nationale, directeur général de Dit…de se regarder dans la glace et se dire des vérités en évitant des effets de manche. Le Mincommerce en fin modérateur veillait au grain. Au rang des problèmes qui empêchent le Pad d’être compétitif, le curseur a été pointé sur le dragage du chenal. Le fleuve ensablé, de grands navires n’y accostent plus, relève, pince-sans-rire le directeur général de la Socopao. Conséquence, certains importateurs et exportateurs trinquent. Le groupement des aconiers du Cameroun (Gpac) ouvre également le feu sur la congestion du port. Il trouve les délais longs et redoute l’arrêt de fonctionnement du portique numéro 2 pour cause de travaux de maintenance du 10 février au 21 mars 2014. Tout comme le Gpac, Ucam et autres acteurs ont tiré à boulets rouges sur l’encombrement des magasins et des terre-pleins, l’espace de stockage réduit et le dragage des pieds du quai. De même, nombre d’opérateurs de la place portuaire se plaint de l’absence de fluidité de la circulation consécutive à la fermeture de la guérite centrale du port. Résultats des courses, «la rotation des camions a pris des coups. De 3 à 4 rotations par jour, on est passé à 1,5 par jour», soutiennent en chœur les aconiers. Toutes choses qui entraînent des effets induits et des charges indues.

Alain NJIPOU

Focal: Les résolutions adoptées

Dit Doit s’équiper d’un troisième portique.

Réserver un traitement spécifique aux filières porteuses de croissance.

Supporter les charges indues liées aux travaux de maintenance du portique 2.

Le Pad s’engage à assurer la fluidité des conditions d’accès au port dans un délai de 10 jours.

La douane s’engage à surseoir au respect des procédures qui exigent le contrôle des conteneurs vides.

Poser le Gps sur les camions dans un délai de deux semaines.

Le gouvernement s’engage à trouver des solutions au dragage du chenal et des pieds de quais.

 

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