Commission nationale du Hadj: six membres déchus

Ils sont coupables de malversation de fonds collectés auprès des candidats lors du dernier pèlerinage

 

René Emmanuel Sadi, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Monadt), par ailleurs président de la commission nationale du Hadj de 2016, a rendu public en fin de semaine dernière un communiqué retirant la qualité de membre à six personnes pour « manquements graves aux prescriptions ». Malloum Hassana, Boulama Mataba, Boubakari Ousmanou Biri, Mamoudou Iya Boro, Abakar Soulemanou, Sanda Oumarou, étaient agréés pour collecter l’argent des pèlerins respectivement dans les régions de l’Adamaoua, de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Ouest.
Des informations fournies par Abdoulkarimou, inspecteur n°1 à l’inspection générale, chargé des questions électorales, chef de la délégation au Hadj 2016, indiquent que les faits qui leur sont reprochés relèvent de la malversation de fonds collectés auprès des candidats l’an dernier. Les frais de voyage et de séjour perçus n’ont pas été  reversés au guichet unique créé par la commission nationale du Hadj. Les victimes n’ont pas pu effectuer le voyage à la Mecque et ont soutenu avoir versé les sommes demandées. Ce n’est pas la première fois que de telles plaintes sont enrégistrées. C’est généralement dans les aéroports, déjà prêtes pour le voyage que les victimes se rendent compte qu’elles ont été flouées. Dans plusieurs cas, des cérémonies grandioses d’au revoir ont été organisées dans les familles. Comme les faits sont récurrents, la commission a investigué et est parvenue à la sanction ci-dessus évoquée. Ce sont des pratiques qui sont connues, témoigne un membre de la Commission. Avant la mise sur pied de la structure, le Hadj était devenu un prétexte de grande arnaque, raconte-t-il. La commission s’est donné pour objectif, non seulement de bien organiser les voyages, mais de limiter le phénomène. C’était sans compter avec des résistances qui viennent d’être mises à nu.
Ces membres véreux ciblaient leurs proies dans l’arrière-pays, de telle manière qu’arrivée à Yaoundé ou à Douala, elles ne sachent à qui porter leurs revendications, explique Abdoulkarimou. « Les plus éveillés allaient dans les commissariats et gendarmeries de leurs localités. Il y a beaucoup de cas qui ne sont pas portés à notre connaissance », argumente-t-il.
Le retrait de la qualité de membre est une sanction administrative qui n’empêche pas les poursuites judiciaires.