Commerce international : Banane, cacao… le Cameroun négocie l’après Brexit

Ce sont quand même 20% des bananes camerounaises qui sont exportés vers le marché britannique.

Il n’y a pas qu’en Europe que de nombreuses personnes stressent à l’idée de l’application du Brexit. Au Cameroun, on a commencé à négocier un accord de quasi-continuité avec la Grande-Bretagne. Objectif : continuer à exporter dans les mêmes conditions que tout autre pays, c’est-à-dire de manière non-préférentielle.  Surtout  si le Royaume-Uni devait quitter l’UE sans aucun accord d’union douanière avec l’UE.

Les produits concernés

Les produits  concernés sont Banane, cacao, etc. « Ce sont quand même 20% des bananes camerounaises qui sont exportés vers le marché britannique. Nous avons aussi le cacao et un certain nombre de produits donc nous avons intérêt à prendre ces mesures de précautions » indique Joseph Owana Kono de Londres.  C’est  le président d’Afruibana, une association panafricaine de producteurs et d’exportateurs de fruits africains. Il ajoute : « S’il n’y avait pas de Brexit et bien tant mieux. Nous continuerons comme auparavant. Mais nous devons nous prémunir contre un Brexit dur au 31 octobre ».

10 milliards de pertes par an

Le Cameroun pourrait perdre 10 milliards de FCFA par an sur ses exportations vers le Royaume-Uni. En cas d’absence d’un accord après le Brexit  selon le Cnuced. C’est la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement.

A l’en croire, la sortie du Royaume-Uni de l’UE va entraîner une baisse des exportations camerounaises de 28 %. Ce qui correspond à une perte sèche de 9,9 milliards de FCFA chaque année.

La banane camerounaise devrait payer le plus lourd tribut

Selon une étude, la banane camerounaise devrait payer le plus lourd tribut du Brexit. Les pertes dans cette filière sont estimées à près de 7 milliards de FCFA par an, apprend-on. « Le Royaume-Uni n’a aucune volonté stratégique de modifier l’équilibre des préférences pour les pays africains qui commercialisent des bananes ou tout autre produit, mais la complexité politique et technique du Brexit est telle qu’il pourrait finir par le faire – ne serait-ce que temporairement– par accident »expliquait Chris Horseman. C’est un consultant sur les enjeux de politiques agricoles et de commerce international.

Sur le plan juridique, la Grande-Bretagne devrait quitter automatiquement l’UE le 31 octobre. Ce avec ou sans accord, à moins qu’une nouvelle prorogation ne soit convenue avec l’UE.