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Comment Mebe Ngo’o a détourné plus d’1,5 milliard

Comment Mebe Ngo’o a détourné plus d’1,5 milliard

La digue du Logone dont les travaux de réhabilitation ont été réceptionnés le 04 juillet 2014 par une commission interministérielle menace de nouveau de céder sous la pression des eaux.

Depuis environ trois mois, les populations dont les habitations et les plantations sont situées le long de la digue du fleuve Logone ont perdu le sommeil. En raison de fortes pluies qui s’abattaient à l’Extrême- Nord, la digue menace à nouveau de céder sous la pression des eaux. Sur le terrain, ces populations se  battent comme elles peuvent avec les moyens du bord pour tenter de colmater les brèches et éviter un nouveau drame. Toutefois les regards sont rivés vers le président de la République pour une intervention d’urgence.

La genèse

En effet c’est le 17 septembre 2013 que la digue construite en 1974 a cédé au niveau de l’arrondissement de Kai-Kai sur environ 60 mètres. Un ingénieur a fait savoir que la digue va de la localité de Dobona dans l’arrondissement de Gobo à Dawaya vers Maga. Au niveau de l’arrondissement de Kaikai, elle avait été construite avec une terre non compactée. Ce qui n’est pas le cas de celle de Yagoua vers la Semry. Et c’est justement au niveau de Kai-kai qu’elle a cédé sous la pression des eaux. Les eaux ont envahi la quasi-totalité des habitations y compris des plantations. Les populations dormaient à la belle étoile et le niveau d’eau ne cessait de croître. Le président de la République, au vu de la situation  a prescrit le lancement dans les plus brefs délais des travaux de réhabilitation d’urgence. Paul Biya a ordonné le déblocage d’une somme de 3 milliards de F pour permettre l’aménagement de cette digue. Mais entre-temps, les équipes du Génie militaire étaient déjà sur les lieux pour apporter les premiers secours aux victimes. Selon les chiffres, 1877 victimes ont été identifiées. Elles ont ensuite été installées sur les sites aménagés. Des denrées alimentaires et du matériel de couchage offerts par le président de la République leur ont été apportés.

Comment et qu’est ce qui s’est réellement passé ?

Lorsque la digue cède, c’est le colonel Eya Denis un natif de la région du Sud Cameroun qui est le directeur du Génie militaire. Des sources proches du ministère de la Défense affirment que Edgar Alain Mebe Ngo’o a convoqué le directeur du Génie militaire dans son bureau en vue du lancement des travaux d’urgence. Le Mindef lui aurait ainsi demandé de faire un état de besoin en matériel en vue de l’aménagement à un montant qui ne dépasse pas 1, 5 milliards de F. Le colonel directeur du Génie militaire qui a séjourné sur les lieux du sinistre avait déjà une idée du nécessaire pour faire face à la situation. Ce dernier a répondu au Mindef que cela n’était pas réalisable, car la situation sur le terrain était suffisamment grave. Le colonel a ainsi suggéré que cela pourrait être possible avec un minimum de 2,5 milliards de F. Le Mindef, pas satisfait de la réponse donnée par son collaborateur va lui demander d’aller réfléchir sur sa proposition. Le colonel s’en ira et sera rappelé quelques temps après. Mais le directeur restera campé sur sa position.

Il fera savoir à son patron qu’il a tout essayé, mais ne trouve pas une autre issue pour effectuer ce travail avec seulement un 1,5 milliard de F. Une nouvelle fois le Mindef va renvoyer le colonel. Ce dernier va apprendre à ses dépens que les instructions, ça s’exécute sans rejember, car quelques temps après la décision le limogeant de la tête du Génie militaire sera rendue public. Il a été remplacé par le colonel Jackson Kamgain C a m e r . b e qui est encore à la tête du Génie militaire au moment où nous mettions sous presse. C’est donc lui qui va conduire les travaux tels que le Mindef a voulus. Malgré sa bonne volonté et son expertise en la matière qui ne souffrent d’aucune contestation, les ordres du Mindef devaient être respectés de peur de finir dans le placard comme son prédécesseur. De jour comme de nuit les éléments du génie militaire et quelques jeunes recrutés sur les lieux vont mettre le coeur à l’ouvrage. Le 06 avril 2013, le comité interministériel descendu sur les lieux va estimer que les travaux ont été bien faits. Sauf que pour certains spécialistes, le travail était de mauvaise qualité ; le matériel utilisé insuffisant. Pas surprenant que quelques temps après que la digue ait cédé de nouveau le 17 septembre 2013.

Au regard de la situation ayant conduit à la cession de la digue, de nombreux observateurs s’accordent à reconnaître que le colonel Eya, ancien directeur du Génie militaire avait eu raison de dire que la somme d’1,5 milliard ne pouvait pas permettre d’avoir des travaux de bonne qualité. Aujourd’hui, le même phénomène est en train de refaire surface. Pour des raisons purement égoïstes et égocentriques, l’intérêt général a été sacrifié. L’ancien Mindef dans sa recherche effréné de l’argent en mis en péril la vie de nombreuses populations qui portent encore ce jour, les stigmates du cauchemar vécu en 2013. Avec ces nouvelles menaces, les populations vivent la peur dans le ventre.

Tension de l’élite de l’Extrême-Nord

Après ce fiasco, certaines élites de l’Extrême-Nord n’ont pas retenu leurs langues pour exprimer leur courroux. Elles étaient nombreuses à se demander que si ce travail sur la digue devait être réalisé dans une ville du Sud, est-ce qu’il aurait été fait avec autant de légèreté ? Certaines informations dont la véracité n’est pas établie font état de ce que l’ancien Mindef aurait déclaré que les nordistes qui veulent revenir au pouvoir ne devraient plus bénéficier de certaines choses et si ce n’est que pour les nordistes en général il n’y a pas de risque de ne pas les qualifier de mouton. Au moment où la digue menace de nouveau de céder, la tension est à son comble à l’Extrême-Nord, malgré l’éviction de Mebe Ngo’o du Mindef, la colère reste perceptible. Les espoirs sont à présent que les travaux de construction d’une nouvelle digue sur financement de la Banque mondiale à hauteur de 54 milliards soient lancés.

 

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