camernews-cemac-congo-brazzav-biya-obiang-sassou

Comment les chefs d’Etats plombent la libre circulation

Réunis lundi 13 janvier 2014 autour du projet baptisé «pour la libre circulation», des organisations des sociétés civiles financées par le Programme d’appui à la société civile (Pasc), dénoncent l’attitude cavalière de certains dirigeants qui refusent de se conformer aux décisions prises par eux-mêmes.

Comment les chefs d’Etats plombent la libre circulation

« Je suis Cemac, touche pas à ma libre circulation ». Tel est le leitmotiv qui guide la feuille de route de la dizaine d’associations de la société civile qui ont effectué récemment une caravane Cemac pour la libre circulation dans les zones frontalières Cameroun- Tchad à Touboro, Cameroun-République centrafricaine à Garoua-Boulaï, Cameroun-Gabon-Guinée équatoriale à Kye-Ossi. A l’issue de ce périple, ceux-ci constatent pour le déplorer, la non application de l’Acte Additionnel n° 01/13-Cemac-070U-CCE-SE de la Conférence des chefs d’Etat du 13 juin 2013. En effet, à ce jour, les questions en rapport avec la sécurisation des frontières, la fiabilisation des documents de voyage, l’échange des fichiers des personnes recherchées dans chaque pays et la signature d’une convention avec Interpol restent pendantes. Visiblement loin des discours politiques sur l’intégration des peuples en Afrique centrale, il semble de plus en plus évident que certains Etats n’affichent aucune volonté réelle de voir ce projet aboutir.

Il y a quelques semaines, par exemple, la Guinée équatoriale par exemple s’était déjà prononcée contre l’ouverture de ses frontières en janvier 2014. « Nous nous rendons compte sur le terrain que la situation n’a pas bougé d’un iota. La haine parfois injustifiée des étrangers reste d’actualité. Les populations craignent d’être envahies par les Camerounais, un peu plus entreprenants. Les esprits restent tendus comme si tout le monde n’était pas au courant de l’Acte additionnel», confie Trésor Nzila Kendet, membre de l’observatoire congolais des Droits de l’homme. Les dirigeants de la sous-région responsables des blocages actuels, à voir de près, naviguent à contre-courant de l’histoire, dans un monde où la puissance économique et politique appartient aux grands ensembles sous-régionaux. Résultat, l’espoir de brassage des peuples et d’augmentation du volume des échanges à travers la libre-circulation dans cette zone d’Afrique centrale est mis à mal. C’est pourquoi, ces organisations de la société civile conduites par le consortium des Ong et associations baptisé Synergies et développement (Sydev), dénoncent entre autres, l’absence de campagnes d’information et de sensibilisation sur la libre-circulation, au niveau de chaque Etat. Mais également, le reniement des chefs d’Etats de leurs propres engagements.

Harmonie économique

L’ensemble de leurs griefs ainsi que les doléances ont été consignés dans une déclaration finale dont Le Messager a eu copie. En substance, ces Ong réaffirment leur position qui consiste à dire qu’aucun argument de crise sécuritaire comme c’est le cas en ce moment en Rca, ne peut empêcher l’application de l’Acte Additionnel qui est une avancée majeure en zone Cemac pour le respect des droits et libertés des citoyens en zone Cemac. En conséquence, « elles réclament la tenue d’urgence de la Conférence des chefs d’Etats de la Cemac pour statuer sur le cas Equato-guinéen, d’une part, et résoudre définitivement le problème de la libre-circulation, qui reste une préoccupation majeure des peuples de la Cemac et en appellent à une réelle volonté politique de la part des chefs d’Etat afin de prendre en compte l’intérêt communautaire d’une part et la prise des mesures concrètes pour l’application effective de l’Acte Additionnel d’autre part ». Y-a-t-il des chances d’espérer l’instauration d’une certaine harmonie économique, politique et sociale commune, gage de l’aboutissement des projets communautaires? On attend.

 

camernews-cemac-congo-brazzav-biya-obiang-sassou

camernews-cemac-congo-brazzav-biya-obiang-sassou