Comment Finke les a convaincus

La première journée des éliminatoires de la CAN 2017 verra trois jeunes joueurs faire leurs débuts en sélection camerounaise. Parmi eux les binationaux évoluant en France, Karl Toko Ekambi et Félix Eboa. Footafrica365.fr revient sur ces deux dossiers.

 

Après trois mois de trêve, la cloche de la rentrée des classes va retentir le 3 juin pour les Lions Indomptables du Cameroun. Les retrouvailles auront lieu en France avec trois nouvelles recrues sur les 27 joueurs convoqués. Justin Mengolo, Karl Toko Ekambi et Félix Eboa constituent la surprise de l’entraîneur en chef Volker Finke. Pour la première fois, ces trois recrues vont séjourner dans la tanière. Si Justin Mengolo, ancien de la Panthère sportive du Ndé et aujourd’hui sociétaire de l’Universitatea Club en Roumanie, a déjà fréquenté l’antichambre des Lions A dans les catégories inférieures, les deux autres, formés à Paris, en France, étaient plus proches des équipes de France. D’ailleurs, l’attaquant Karl Toko Ekambi (23 ans) a déjà porté une douzaine de fois le maillot des Bleus chez les moins de 16 ans. Il a donc décidé de changer de nationalité sportive. Son compatriote Félix Eboa, milieu de terrain et défenseur central, tiraillé entre l’équipe de France et celle du Cameroun, a finalement choisi le Cameroun où il est né un 19 avril 1997 à Douala. En ce moment, Karl Toko Ekambi, qui est né dans l’Hexagone, et Félix Eboa sont respectivement sociétaires du FC Sochaux et du PSG (équipe réserve).

Ces deux nouvelles recrues, qui comptent parmi les jeunes joueurs les plus talentueux du football français, symbolise bien la nouvelle politique de reconstruction entamée par le staff technique des Lions Indomptables et les autorités camerounaises au lendemain d’une Coupe du monde Brésil 2014 au bilan catastrophique pour les Lions Indomptables. Reste à savoir comment ils ont été enrôlés en l’espace de trois mois alors que, depuis deux ans, les autorités sportives camerounaises tentent en vain d’amener les binationaux Jean-Christophe Bahebeck, Axel Ngando, Samuel Umtiti et Paul-Georges Ntep à changer de nationalité sportive au profit du Cameroun ?

Un négociateur nommé Finke

« Les premiers dossiers ont connu des échecs parce qu’ils ont été mal abordés. Le tapage médiatique autour de ces dossiers et le comportement de nos propres frères camerounais qui, pour régler leur compte aux dirigeants de la Fécafoot allaient voir les joueurs concernés et leurs proches pour leur demander de refuser toute proposition. Voilà pourquoi rien n’a marché alors que les joueurs ciblés avaient donné leur accord de principe », explique une source impliquée dans cette opération de recrutement des binationaux, avant de dévoiler les secrets de la réussite pour les cas Félix Eboa et Karl Toko Ekambi. « Je crois que la discrétion y a été pour beaucoup. Le coach Finke a personnellement entamé les tractations. Ce n’était pas évident compte tenu du fait que Eboa encore très jeune et Toko qui monte en puissance, étaient aussi pistés par la France, leur pays d’adoption. Mais, Volker Finke et ses collaborateurs ont déployé des arguments qui ont amené les joueurs et leurs parents à adhérer aux projets de la reconstruction au sein de la tanière des Lions Indomptables », ajoute notre interlocuteur.

Ainsi,  pendant que l’opinion publique camerounaise vendait la peau du coach Volker Finke avant de l’avoir « tué », ce dernier, qui était selon toute vraisemblance sûr de poursuivre son chantier de reconstruction à la tête du staff technique de la sélection fanion du Cameroun, prospectait discrètement sur le Vieux Continent.