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COMME 75 % DE CAMEROUNAIS, JE NE ME RECONNAIS PAS DANS CETTE MARCHE…

COMME 75 % DE CAMEROUNAIS, JE NE ME RECONNAIS PAS DANS CETTE MARCHE…

Chers compatriotes, blogueurs et internautes, amis du Cameroun, depuis l’appel à manifester le 28 février prochain pour soutenir l’armée camerounaise en lutte contre Boko Al Haram dans l’Extrême-Nord du Cameroun, presque chaque jour relayé par plusieurs groupuscules non identifiés, j’ai observé, j’ai beaucoup consulté, j’ai échangé et j’ai donné mon point de vue quand cela était nécessaire.

La manifestation de demain samedi 28 février est la manifestation de trop ! Je ne me reconnais pas dans ces manifestations à rétropédalage de ceux qui hier ont donné l’impression d’être avec vous, mais qui, aujourd’hui, dépensent des millions de francs pour aider à la confiscation de tout esprit de débat dans notre société.

Nous ne devons pas partager notre deuil et notre colère avec les anges de la mort, ceux qui donnent la mort, ceux qui ont fabriqué de toutes pièces le Cameroun Al Haram, celui-là même qui tue, viole, égorge dans l’Extrême-Nord en affirmant que c’est un peuple d’éleveurs donc de moutons qui ne se rendra jamais compte de la supercherie. Les peuples Podoko du Mayo-Sava qui tombent tous les jours sont pris entre deux feux qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’ont pas les moyens de contrecarrer.

Les soldats qui tombent ont choisi de servir la Nation, d’honorer de leur sang le drapeau national, mais ils n’ont jamais choisi de le faire dans le folklore et la théâtralisation de leur vie. Voilà pourquoi ce qu’ils attendent ce n’est pas une marche de 300 mètres, une marche d’un narcissisme patriotique sans égal. Non ! Ce que nos soldats veulent c’est se battre de toutes leurs forces pour nous protéger, pour protéger le Cameroun ; et pour le faire, ils ont besoin de savoir que les leurs ont de quoi manger, de quoi se soigner, de quoi se vêtir, que les enfants vont à l’école ; je ne me reconnais donc pas dans ces marcheurs d’un autre genre. La récupération politicienne de ce douloureux sacrifice de milliers d’entre nous n’a même pas attendu que le sang des martyrs sèche…

Cette marche est le triomphe de l’hypocrisie, elle est la double mort infligée aux populations qui avaient des raisons d’espérer, car, oui, le sang des martyrs nous a-t-on appris fait des conversions. Pour confisquer les pouvoirs politique, économique, pour déstructurer le lien social et l’entente entre les religions dans notre pays, ils ne reculent devant rien !

Peut-on parler de soutien à l’armée avec des soldats privés de leur pension ? Avec des veuves et des orphelins qui ne peuvent pas faire le deuil de l’époux ou du père ?

Peut-on parler de marche dans un pays où il est interdit officiellement de manifester ? Les organisateurs de cette marche viennent de montrer une incapacité totale de réflexion ; ils se précipitent comme des charognards sur des dépouilles encore chaudes comme ces beaux-frères que nous connaissons dans nos villages qui se précipitent sur les biens du frère décédé jetant dans la rue veuves et orphelins.

Le Cameroun est-il encore ?

Qui est le véritable ennemi ?

Personne n’a répondu à ces deux questions élémentaires et quand il y a flou alors il y a un loup. Et ce loup-là c’est vous qu’il veut désormais dévorer.

A nous, à toi, à moi, à nous tous de leur donner une réponse patriotique en observant de chez nous le triomphe de la barbarie et de leur arrogance, celui des nantis de ceux qui n’ont pas faim et surtout qui prennent les miettes qui sont dans l’assiette de la veuve et de l’orphelin. Regardons comment ils se battent dans les motions de soutien dans la Lékié, regardons comment ils se battent devant le Ministère du Commerce pour des sacs de riz et des kilogrammes de poissons ! Regardons comment, dans un rayon de moins de deux kilomètres, syndicalistes d’un jour, journalistes à la solde des milliardaires se donnent en spectacle… Notre place, la vôtre, la mienne, la nôtre se trouvent dans le rang des spectateurs pour observer cette bouffonnerie.

Cette marche n’a aucun statut et comme dirait leur Chef, elle est sans objet, elle n’a d’unité que son propre parcours : 300 m du boulevard du 20 mai au service du premier ministère ! Vous avez marché 15 km et pendant 4 h 35 pour Charles Ateba Eyene ! On vous invite à marcher 300 m pour des soldats qu’on ne connaît pas du tout, pour des paysans qu’on a privé de mil, de sorgho, d’oignons d’ignames et d’eau ! On veut diluer la violence quotidienne à laquelle nous sommes confrontés dans une marche payée à coup de centaines de millions de francs détournés des caisses remplies à la sueur de nos fronts! Alors même que devant les services du ministre des Finances nos parents et grands-parents tombent parce qu’ils revendiquent simplement leur dû ?

Le peuple camerounais, fort de ses 256 tribus, fier de sa diversité religieuse aspire à vivre en paix et en harmonie. Voilà pourquoi, je vous invite à faire barrage à l’imposture, à refuser de mêler votre sueur à celle de ceux qui ne demandent qu’à vous voir morts, ceux qui prennent les peuples du Cameroun en otage. Restez chez vous et regardez-les à la télévision c’est là le meilleur signe de solidarité envers nos fils nos frères au front.

Il est temps de nous réveiller, de prendre la distance nécessaire et suffisante par rapport à ce flot incessant d’informations redondantes, et d’activer notre capacité au discernement, simplement pour éviter dans un premier temps de nous mettre nous-mêmes et nos proches en danger, mais aussi de trouver la bonne attitude pour faire face judicieusement à une situation critique, voire dangereuse, celle qui nous est imposée par ceux qui ne veulent reculer devant rien à leur seul profit et au mépris de la sécurité et du bien-être des Camerounais,

Chers compatriotes, blogueurs et internautes, c’est votre devoir de sensibiliser. Prenons soin de nous-mêmes, c’est une priorité absolue en cette période sombre pour notre pays

 

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