COMMANDER IN CHIEF

biya

Éditorial du journal The Spark N°025 du 01/07/13

COMMANDER IN CHIEF

Il terrorise déjà les pirates des mers, car il a compris depuis des années déjà que l’armée régulière n’était plus adaptée pour répondre aux nouvelles menaces pouvant porter atteintes aux intérêts légitimes de la nation, et au maintien

En matière de lutte contre la piraterie et insécurité maritime, le Cameroun depuis fort lon- gtemps est passé de la dissuasion, à la réponse militaire opérationnelle, par l’utilisa-tion de ses forces spéciales d’intervention sur mers appelées les BIR-Delta. Charles Ndongo et Benjamin Eric Lamere, le duo de journalistes de la CRTV en charge du commentaire en direct du sommet ont fait un effort inhabitu- el en pareil occasion de se libérer d’un certain nombre de formules convenues pour effleurer sans aller jusqu’au fond du sujet, la stratégie militaire de dissuasion active du chef de l’Etat Camerounais qui s’appuie essentiellement sur les forces spécia- les de défenses camerounaises.
Protéger le golfe de guinée est d’abord une affaire éminemment militaire même si les usages diplomatiques ne posent pas le problème sous cet angle. Rien d’étonnant de voir que les deux tête à tête de fin de la journée de travaux du sommet aient été accordés par le Président Paul BIYA au Président en exercice de la CEDEAO , Alassane Dramane Ouattara et au Président du Nigéria, Jonathan Goodluck Ebele Assikiwe, Chef d’Etat de la force armée la plus puissante dans le golfe de Guinée, armée souvent jugée comme inefficace car combattue par les ennemis de l’intérieur, les pirates nigérians.
L’armée camerounaise qui est la troisième armée la plus puissante dans le golfe de guinée, derrière le Nigeria et l’Angola est redoutée quant à elle dans ses eaux territoriales avec la présence des Bir-Delta, unités spéciales de commandos de marines qui possèdent un savoir-faire qui commence à faire école dans la lutte contre la piraterie maritime.
On vient aussi à Yaoundé pour s’ en enquérir. Le conflit frontalier terrestre et maritime de Bakassi entre le Cameroun et le Nigéria qui a trouvé une issue favorable avec la signature des accords de Greentree, a été pour le Président camerounais
une épreuve de longue haleine qui a certainement participé de sa stratégie à revoir les missions d’habituelles de l’armée camerounaise et ceci depuis le début, dans les années 90.
La mutation qui s’est progressivement opérée tenait compte des préoccupations sécuritaires de l’époque mais se projetait aussi sur un avenir qui annonçait l’ouverture de nouveaux champs d’exploitation des hydrocarbures en hautes mer, la construction du terminal pétrolier du pipeline Tchad Cameroun, mais aussi, la protection des eaux territoriales éprouvées par le conflit frontalier de Bakassi.
Le Président Paul BIYA, homme de dialogue, a souvent actionné ses atouts non militaires avant toute utilisation de forces armées. Sa politique étrangère pacifiste et neutre dans son voisinage est de- venue légendaire. Mais en commander in chief, le Président de la République a bien montré sa capacité visionnaire en anticipant la mutation de ses forces armées afin de les adapter pour faire face aux nouvelles guerres modernes que sont le terrorisme et désormais la piraterie maritime.
Les Brigades d’intervention rapide (BIR) du Cameroun constituent un corps d’élite suréquipé et surentraîné au niveau des standards régionaux africains. Rattachés aux forces terrestres, les BIR regroupent en leur sein des élé ments opérationnels recrutés dans toutes les armes. Les commandos de marine en charge de la surveillance des côtes camerounaises de Bakassi à Campo, travaillent en étroite collaboration avec l’état- major de la marine nationale pour protéger les intérêts économiques du pays, principalement l’ensemble des installations de production des hydrocarbures, la surveillance du trafic maritime dans l’estuaire du Wouri, et en haute mer, ce qui vaut aujourd’hui au Cameroun, un faible taux 2% d’incidents enregistrés sur le volet des attaques de piraterie maritime dans le golfe de Guinée.