Commandement territorial: l’autorité de l’Etat en questions

Le ministre René Emmanuel Sadi a ouvert hier à Yaoundé un séminaire à l’intention des préfets du Centre, du Sud et de l’Est

 

L’institution préfectorale, pivot de l’Etat au plan territorial, est de plus en plus interpellée à cause de certaines décisions prises. De plus, l’on a enregistré une abondance de « contentieux de la tutelle » devant les tribunaux administratifs. Pour le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MINATD), « cela n’est rien d’autre que la traduction judiciaire d’un échec de collaboration », entre le préfet et le maire dont il est la tutelle. En convoquant ces cas de figures hier à Yaoundé, René Emmanuel Sadi a souligné à traits forts tout l’intérêt du séminaire d’imprégnation dont il présidait la cérémonie de lancement. Le thème des travaux retenu est « L’Etat de droit, les actes des autorités administratives et la pratique du contentieux ».
La première étape d’un séminaire au bénéfice de tous les préfets du pays, a mobilisé ceux du Centre, du Sud et de l’Est. Elle se fonde sur une remise en cause de certains des modes d’action de ces représentants du chef de l’Etat et de tout le gouvernement au niveau du département. Ou tout au moins en « l’adaptation et l’ajustement pour mieux répondre aux multiples défis et aux diverses attentes », a rappelé le MINATD. Le constat ayant été que « peu d’autorités administratives prennent leur décision dans les formes prescrites, et quelques-unes violent  manifestement les droits individuels des citoyens par leurs actes ».  Il en découle évidemment que l’Etat peut connaître plusieurs condamnations devant les juridictions.  Toute chose qui peut mettre en jeu « la qualité des rapports entre l’administration préfectorale et les citoyens-usagers, le respect des lois et règlements, leur saine application ou leur bonne interprétation », souligne René Emmanuel Sadi. Le MINATD redoute même « l’atteinte de l’image de la puissance publique et l’autorité de l’Etat, dont le chef de circonscription administrative est le dépositaire ». Et à l’heure où il faut mobiliser toutes les énergies et les efforts, pour la mise en place réussie de la décentralisation et la réalisation des grands projets de développement, le préfet doit être à l’avant-garde des grandes mutations et réformes du moment.