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Combats : Trois assauts manqués de Boko Haram

Combats : Trois assauts manqués de Boko Haram

Les terroristes ont tenté plusieurs incursions en territoire camerounais.

La confusion règne depuis hier àAchigachia, un village camerounais de la région de l’Extrême-Nord. Sans que l’on ne sache trop pourquoi, les militaires camerounais installés dans la zone ont démonté leur dispositif hier. La gendarmerie également a quitté les lieux. Ce qui a permis que les membres de Boko Haram arrivent impunément dans le village, incendient le poste de gendarmerie et d’autres édifices publics, semant la panique au sein des populations. Celles-ci se sont enfuies vers les autres localités de l’intérieur du Cameroun, en direction notamment de Mokolo.

Dans ce mouvement de foule, six hommes en tenue de l’armée nigériane ont été interpellés par les forces de défense camerounaises, ainsi que 135 civils nigérians. D’après nos sources, les autorités administratives du département du Mayo-Tsanaga se demandaient encore hier s’il fallait les refouler en territoire nigérian ou plutôt les garder au Cameroun pour exploitation. Quant aux Camerounais qui vivaient à Achigachia, ils essaient de s’installer dans d’autres localités. Boko Haram s’installe à Achigachia après avoir tenté plusieurs incursions en territoire camerounais depuis le début de la semaine. Ils ont tenté une offensive de masse hier vers 8h sur la ville de Fotokol, sans succès. Ils revenaient à la charge après que les hommes du Bir notamment eurent contrarié leur dessein la veille. Lundi en effet, vers 6h du matin, des hommes de Boko Haram ont attaqué les villes de Gambaru et de Gambarou Ngala.

Là, ils ont très vite fait fuir les forces nigérianes qui ont manifesté une timide résistance, avant de se joindre à des populations apeurées. Ils ont tous couru se mettre sous la protection de l’armée camerounaise. Les Boko Haram, nouveaux maîtres de la ville de Gambarou Ngala, ont voulu détruire le pont qui la relie à la ville camerounaise de Fotokol. Alors qu’ils étaient à leur besogne ils ont été pris à partie par des hommes du Bir. Ils ont tenté de résister. Les soldats camerounais leur ont imposé un rude combat. Les Boko Haram ont même engagé un blindé qui a été endommagé.

Ils ont tenté de détruire le pont jusqu’en début d’après midi avant de se replier à l’intérieur de la ville. Ils ont ensuite tenté de passer par un point guéable de la rivière qui sépare les villes, mais ils ont été repoussés et ont battu en retraite. « Ils ont perdu beaucoup d’hommes. Ils ont ramassé leurs corps et s’en sont allés avec », explique un militaire. Les terroristes qui n’aiment pas abandonner le corps d’un des leurs derrière eux, ont préféré laisser une coûteuse mitrailleuse 12/7, «une arme capable de couper un arbre de 30 cm de diamètre à une distance de 1000 mètres », une arme et une mitrailleuse Pkm d’un calibre plus petit. « Nous sommes allés récupérer ces armes dont nous avons besoin », a confié un chef d’Alpha.

Mardi vers 8h, les terroristes ont remis ça. « Ils sont venus plus nombreux que la veille et plus déterminés », indique notre source. En face de Boko Haram, la nouvelle coopération au sein des forces de défense s’est illustrée. Le colonel Jacob Kodji a mis à la disposition des hommes du Bir des mortiers de la 41ème brigade d’infanterie. Les terroristes devant cette « boule de feu » ont encore dû ramasser leurs cadavres et s’enfuir. « Nous n’en avons pas le décompte exact, parce que, quand on combat on n’a pas le temps de regarder qui meurt ou non. De toutes les façons nous les avons vu ramasser leurs corps et en repêcher d’autres tombés dans la rivière », dit notre source. Selon elle, ces batailles ne sont pas les seuls engagements des Boko Haram au Cameroun depuis le début de cette semaine. Lundi matin, à Kerawa, les nouveaux locataires de la caserne de Kerawa, une localité nigériane abandonnée par les militaires, se sont frottés à une patrouille du Bir.

Les soldats camerounais étaient partis de leur poste de commandement de Kolofata pour aller chercher de l’eau. Ils ont été accrochés par des terroristes qu’ils ont mis en déroute. Cette fois, les Boko Haram, harcelés par un Bir qui garde le mauvais souvenir de la bataille de Kolofata, n’ont pas pu ramasser les corps de tous leurs camarades tués. « Ce n’est que mardi matin qu’ils sont venus reprendre les corps de deux des leurs », confie notre source. Ces défaites infligées aux terroristes de Boko Haram correspondent à une montée en puissance de l’opération Alpha du Bir. Cette opération qui a débuté le 1er août, après la prise de fonction de son commandant en chef, le colonel Joseph Nouma, ne cesse de monter en puissance. De nouvelles armes leur arrivent chaque jour qui renforcent leur intrépidité.

 

 

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