Climat tendu dans le Nord du Mali

Alors que des hommes armés ont perpétré une attaque mardi près de Ménaka, la Coordination des mouvements de l’Azawad a repris la localité d’Anéfis.

Plus d’une semaine après l’enlèvement d’un convoi militaire par des hommes armés dans le nord-est du Mali, de nouveaux combats sont signalés entre la localité de Ménaka et la frontière nigérienne. Des groupes armés favorables à l’Accord de paix d’Alger sont tombés dans une embuscade mardi avant d’être attaqués par des combattants encore non identifiés. Le premier bilan non officiel fait état de plusieurs véhicules détruits, de nombreux blessés, mais également des morts dont le nombre exact reste encore inconnu. Mais, des soupçons sont portés vers des islamistes qui écument la région et qui restent réfractaires à la mise en application dudit accord. Notamment les hommes d’Adna Abu Walid Sahraoui, dont le mode opératoire ressemble à celui ayant conduit à ces hostilités. Cet ancien responsable du Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) a décidé de faire allégeance à l’organisation de l’Etat islamique (EI) au terme d’une alliance avec Mokhtar Belmokhtar, le chef jihadiste algérien. Il est régulièrement cité dans les prises d’otages et les attaques dans cette partie du pays.
Pendant ce temps, les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad ont repris par les armes la ville d’Anéfis. De son côté, la Plateforme souhaite plutôt que cette ville soit placée sous gestion neutre. En clair, qu’aucun groupe armé n’y soit présent, mais que Barkhane et la force onusienne présentes dans le pays prennent possession des lieux. Une pilule difficile à avaler dans le camp de la CMA, qui argue que  l’armée «est tout sauf neutre dans cette histoire». La semaine dernière, de violents combats avaient déjà opposé les deux camps pour le contrôle de cette ville stratégique de la région de Kidal.  Au moment où nous allions sous presse, des discussions étaient annoncées entre les belligérants.