CLIMAT DES AFFAIRES: CES FACTEURS QUI DÉCRÉDIBILISENT LES ENTREPRISES CAMEROUNAISES

La corruption, le non-paiement des impôts et taxes, des salaires et la non-immatriculation des employés à la Cnps sont autant de pratiques qui noircissent l’image de ces structures.

Il y a quelque temps, le Groupement international du Cameroun (Gicam) remettait solennellement des propositions sur la réforme fiscale au ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, à Douala. L’occasion était donnée au président du Gicam, Celestin Tawamba de mettre en lumière les pratiques qui ternissent l’image des entreprises au Cameroun. Au nombre de celles-ci ; la corruption.

Célestin Tawamba présente ces maux comme étant un phénomène qui entraine l’inconvénient majeur de saper les efforts consentis par l’Etat et le patronat camerounais dans le cadre du partenariat public privé.

Pour le président du Gicam, la corruption « est l’une des menaces majeures à l’émergence économique ». En outre regrette-t-il, « beaucoup de choses ont été dites sur cette véritable gangrène, mais paradoxalement, plus on en parle, plus on a l’impression que le phénomène s’amplifie ». Cet avis du président du Gicam rejoint une étude menée en 2016 par la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (Ceima) qui révélait que la corruption figure parmi les 10 premiers obstacles des entreprises au Cameroun.
Et ce n’est pas tout. D’autres phénomènes, non moins négligeables, sévissent avec autant d’acquitté, estiment certains chefs d’entreprises.

Non-paiement des impôts et taxes

Outre la corruption, de nombreux autres fléaux écornent la crédibilité de certaines entreprises. Célestin Tawamba a de ce fait cité : le non-respect d’obligations juridiques, fiscales et sociales.

De manière précise, il s’agit du non-paiement des impôts et taxes, les fraudes à la Douane, le non-paiement des salaires, la non immatriculation des personnels à la caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Et sur ces différents points, le président du Gicam s’est voulu formel : « ce sont autant de manquements graves, contraires à l’éthique qui nuisent à l’image de l’entreprise et fragilisent la marche annoncée vers l’émergence économique du pays ».

Comment éradiquer ces fléaux ?

Pour résoudre de manière durable la corruption et d’autres maux qui nuisent à l’image des entreprises au Cameroun, le président du Gicam reconnaît qu’il ne s’agit pas seulement de l’affaire du gouvernement.

Loin s’en faut. Il a à cet effet fait savoir qu’une réforme est en cours au sein du patronat dont il préside les destinées. Laquelle prévoit la mise en place des dispositifs devant exclure des rangs de ce patronat des entreprises qui seront convaincues de s’être livrées à des actes de corruption manifeste. Et comme pour joindre la parole à l’acte,
Célestin Tawamba a expliqué que le Gicam a récemment radié une cinquantaine d’entreprises pour non-respect de leurs obligations statutaires. De plus, un code dénommé « carte d’éthique » va être mis sur pied, avec comme objectif : ancrer l’éthique dans la stratégie, le management et les pratiques professionnelles.