Cinq morts à la frontière camerounaise

Cinq morts à la frontière camerounaise

Ils ont succombé à leurs blessures à la suite d’affrontements entre des éléments de la Séléka et des anti-Balaka, en territoire centrafricain.

C’est la psychose générale depuis le début du week-end dernier dans l’arrondissement de Garoua-Boulaï, ville frontalière avec la Rca à l’Est. Et pour cause, des affrontements meurtriers ont eu lieu dès le 10 janvier 2014 à Beloko-Cantonnier (village centrafricain de l’arrondissement de Baboua et situé à la lisière de la frontière entre le Cameroun et la Rca à Garoua-Boulaï, ndlr).

Selon des sources sécuritaires à l’Est Cameroun, « à l’annonce de la démission de Michel Djotodia de son poste de président de la transition en Rca, des chargeurs de ce pays ont fondu sur le poste de gendarmerie de Beloko-Cantonnier où ils ont ramassé des grenades qu’ils font exploser, créant la panique dans ce village.» En représailles, «les éléments de l’ex-rébellion de la Séléka postés là se sont mis à tirer dans tous les sens pour repousser ces chargeurs qu’ils considéraient comme des miliciens Anti-Balaka».

S’engage alors une course-poursuite qui va s’effectuer sur une cinquantaine de kilomètres. Alertés de la menace qui pesait sur leurs camarades, les éléments de la Séléka postés à Galou, localité située à une cinquantaine de kilomètres de Bouar sur la route qui mène au Cameroun, vont décider de se mettre en route pour Béloko-Cantonnier pour une riposte contre la milice chrétienne anti-Balaka supposée militer pour le retour au pouvoir de l’ancien président centrafricain, François Bozizé.

Dans les violents affrontements entre les deux groupes, on dénombre quelques 14 blessés. Certaines de ces victimes ont été admises aux urgences de l’hôpital protestant de Garoua-Boulaï. Parmi elles, quatre ont succombé à leurs blessures samedi 11 janvier 2014 dont le nommé Oumarou Bouba, un civil camerounais. Pour pallier toute incursion de ces bandes armées qui peuvent profiter du cafouillage pour à nouveau frapper le Cameroun, « des dispositions sont prises pour que les effets de ces affrontements ne se propagent sur notre territoire », susurre, au Messager, une source sécuritaire haut placée. Ce qui n’a pas empêché d’observer un flux important de citoyens centrafricains vers le Cameroun.

Ces mouvements de Centrafricains vers le Cameroun, à en croire nos sources sécuritaires, « sont l’une des conséquences du dispositif militaire mis en place à l’Ouest de la Centrafrique, notamment à Bozoum, Bouar, Berberati et Paoua, par le général Martin Tumenta qui coordonne les troupes de la Mission de soutien à la Centrafrique (Misca) ».

camernews-Mort-Emeutes-Cameroun

camernews-Mort-Emeutes-Cameroun