CINQ FEMMES AVALÉES PAR LES EAUX

Leur pirogue transportant au total 13 passagers. Le corps de l’une des cinq femmes a été repêché ce lundi 17 mai 2015 dans les eaux de cette île.

Une pirogue transportant 13 personnes a chaviré au crépuscule du dimanche 17 mai dernier, dans les eaux du Wouri à Manoka. C’est dans la localité de Massana ma Sadi que le drame s’est produit. Les 13 naufragés sont tous des habitants de l’île, chef-lieu de Douala 6e. Ils l’ont quittée pour des raisons confessionnelles. 9 ont été retrouvés, dont le corps sans vie d’une femme.

C’est à bord d’une pirogue artisanale que les 13 fidèles de la paroisse Saint André de Manoka ont quitté la localité pour se rendre dans le campement de Kô. Ils y étaient pour assister à une messe d’action de grâce, laquelle était célébrée par le curé de leur paroisse. Selon nos informations, ils ont disparu sur le chemin du retour. Le prélat rentré à bon port sur une pirogue motorisée, s’est rendu compte de l’absence de l’autre équipage quelques heures plus tard. Il informe alors les autorités locales. Une action combinée du Bataillon d’intervention rapide (Bir), de la gendarmerie et de pêcheurs environnants a engagé les recherches.

Dans la matinée de ce lundi 18 mai, huit personnes étaient déjà repêchées, saines et sauves. Ces rescapés se trouvent à Manoka, où ils ont été conduits par les équipes du Bir et examinés par les médecins, apprend-on de Voh Armstrong, sous-préfet de l’arrondissement de Douala 6e. Selon lui, ils sont en bonne santé et hors de danger. Mais la sérénité n’est pas de retour à Manoka.

« Nous sommes sous le choc parce que cinq autres personnes restent introuvables. Et ce sont toutes des femmes », déclare le sous-préfet. L’inquiétude et l’appréhension ont gagné la localité de Manoka et son autorité administrative. Selon Voh Armstrong, une équipe a été mise en place pour des enquêtes. L’objectif est de « constater exactement ce qu’il s’est passé, afin qu’on puisse au moins repêcher les corps des cinq autres disparues », ajoute-t-il. Les recherches se sont ainsi poursuivies, dans l’espoir de retrouver ces femmes mortes ou vives.

Joint dans la mi-journée, Voh Armstrong annonce que le corps de l’une des cinq femmes a été repêché par les équipes de sauvetage. Il s’agit d’Odile Ngando Mouto, agent communal à la mairie de Douala 6e. Elle a été retrouvée à Massana ma Sadi, lieu du naufrage. La dépouille a été acheminée vers la morgue de l’hôpital Laquintinie par les marins-pompiers.

 

Hors-la-loi

 

Au cours des échanges avec le sous-préfet de Douala 6e, l’on apprend que les naufragés ne sont pas exempts de tout reproche dans l’affaire. Ils n’ont pas respecté les consignes élémentaires de sécurité. « L’équipage est allé en mer contre toutes les mesures de sécurités », appuie Voh Armstrong. D’après lui, aucun des naufragés n’arborait de gilet de sauvetage.

Une fois encore, il se pose le problème de navigation clandestine. Cela rappelle les dangers que courent nos compatriotes, qui périssent en mer pour des raisons d’immigration vers les pays voisins, et par les voies obscures de la mer.