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CHRONIQUE: JE SUIS DONKENG!

CHRONIQUE: JE SUIS DONKENG!

Le nom de Kevin Joseph Donkeng continue de raisonner dans la scène publique camerounaise, à cause de l’exceptionnel de son parcourt de jeune écrivain devenu officier, mais aussi, à cause de la profonde malfaisance dont il a été la victime. Sept mois après sa mort brutale au front de Kolofata, alors qu’en ces jours-là les détails sur sa disparition étaient cachés dans les miasmes de la censure d’Etat, l’armée nationale camerounaise est en retrait, la défense camerounaise s’effondre, des forces tchadiennes viennent à la rescousse de notre pays, et puis des forces béninoises, nigériennes. Dans le profond de la Lékié qu’il a souillé jadis avec un appel tribal à la haine de l’autre, Eyebe Ayissi, ci-devant ministre de la république, invite les citoyens camerounais, à faire un effort de guerre. Un sommet se tiendra à Yaoundé, pour s’accorder sur les modalités de constitution d’une force internationale, pour nous aider – comme en RDC, comme en RCA, comme au Mali, oui, comme dans ces pays sinistrés, qui se retrouvent militairement vaincus par leur propre faute. Géant à genoux, le Cameroun subit ainsi, avec le renouveau, sa défaite militaire première. C’est qu’il faut vraiment se rendre compte de l’abîme dans lequel notre pays est jeté – des images de camps de réfugié, des images de fosses communes, toutes ces images que les Camerounais victimes de la propagande des petites ambitions, s’étaient habituées à réserver pour des pays étrangers sont soudain devenues nationales – même si elles ne sont pas montrées à la CRTV.

Et soudain le Camerounais se rend compte que Goma est aussi loin de Kinshasa que Fotokol l’est de Yaoundé, que Tombouktou est aussi loin de Bamako, que Kolofata l’est de Douala. La guerre qui détruit les pays dont nous entendions parler, se passe toujours ailleurs que dans la capitale, qui, elle ne se réveille que le jour où le tyran entend des coups de canons dans les frontières de celle-ci et prend la fuite – comme ATT. Il est des fins qui se dessinent doucement : la fin du renouveau sera militaire autant que politique, et le discrédit qui tombera sur le pays organisateur de ce trop long crime à notre pays, doit être total afin d’être consommé. Nous venons de vivre l’horreur à Fotokol, un véritable massacre, et le silence d’Etoudi devant ce sang camerounais qui coule, une fois de plus, est des plus assourdissants. Le réveil du président de la république camerounaise, n’a lieu évidemment que pour célébrer la libération d’otages occidentaux ou chinois, que l’activation de fonds dont il ne révèle jamais la source, lui a permis de mettre aux larges, à la suite de commerce avec les terroristes.

Est-il encore besoin de dire que tout commerce avec les terroristes est condamné par la peine de mort, selon une loi anti-terrorisme que lui-même a signée dans ce palais-là il y a à peine deux mois ? Mais y a-t-il encore à rechercher la logique quand le crime partout se dessine en sang ?

Ah, la dégringolade de notre pays est si profonde que le palais d’Etoudi est devenu une banque africaine du terrorisme. Il suffit de frapper dans google sur les mots ‘Biya’, et ‘otages’, et de faire de même pour le nom des présidents tchadien, nigérian, dans le pays de qui a lieu le plus horrible, nigérien, pour se rendre compte que notre pays est devenu la plaque tournante d’un trafic des plus criminels avec la mort.

La profondeur de notre dégringolade se mesure cependant ailleurs : dans la suite de soldats qui laissent leur vie sur le carreau, afin que des otages occidentaux aient la leur sauve ; dans ces 400 morts de Fotokol abandonés aux fusils et coutelas de Boko Haram par nos soldats sous équipés et qui ont pris la fuite, oui, dans ces milliers de blessés de guerre qui se succèdent dans les mouroirs que sont nos hôpitaux, et dont personne ne parle, dans la misère qui frappe une partie du pays, dans ces camps de réfugiés où des centaines de Camerounais habitent, dans leur propre pays. C’est à se demander de quel pays donc, Paul Biya est le président. Quand la guerre tonnait à Goma, il faut toujours se le dire, Mobutu fêtait son anniversaire à Kinshasa, dans le cocon de la tyrannie consommé.

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Le nom ‘Donkeng’ révèle telle filouterie d’Etat, il raisonne dans la profondeur de ses miasmes sanglants, qui font que des centaines de Camerounais sont tués dans leurs propres villages, égorgés dans des mosquées, et que Paul Biya, le président du Cameroun, se mure dans le silence du palais d’Etoudi, en attendant le prochain otage occidental libéré avec l’argent des Camerounais. Il se répercute dans ces lieux de la mort qui au Nord de notre pays, ne nous viennent plus que dans des dépêches de médias soit tchadiens, soit nigérians, quand en temps de guerre, le Mindef, se permet de puiser dans le budget de son ministère pour financer la confection de milliers de t-shirts à distribuer gratuitement pour une marche de complaisance qu’il organise à Yaoundé en se servant de prète noms. Il nous dit, le nom ‘Donkeng’, la profondeur du cabinet dans lequel notre pays a été précipité. Je suis Donkeng !

 

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