Me Charles Nguini : « Il faut redorer l’image de marque de la Fecafoot»

L’ancien membre du Comité exécutif de la Fecafoot, revient sur les échanges qu’il a eu avec le Comité de normalisation au sujet de l’amélioration du football Camerounais.

Qu’est-ce qui ressort de votre entretien avec le Comité de normalisation ?

Les échanges ont porté sur la vision que j’ai de la Fédération et sur comment sortir des crises à répétition que connaît la Fecafoot depuis tant d’années. Globalement, il semble que l’image que le public a de la fédération est plus importante à reconstruire que les textes. En premier, il faut refaire la perception que l’opinion a de l’instance faîtière. Quand on pense Fecafoot, le commun des camerounais imagine une maison où chacun vient se servir. On pense qu’on y distribue de l’argent et des avantages de toute nature. Il faut absolument sortir cette perception de la Fédération de la tête de l’opinion. Pour y parvenir, il faut mettre des mécanismes en place. Entre les manuels de procédure, des codes, des organigrammes etc… Il s’agira de mettre en application ce qui avait déjà fait l’objet de discussions. Les textes qui avaient été rédigés avant n’étaient pas mauvais. Il y a certaines dispositions qui ont fait problème parce qu’il s’agissait de mettre des équilibres entre différentes composantes du football.

L’une des propositions dont nous avons discuté, portait sur quel type de scrutin était le meilleur entre le scrutin uninominal et le scrutin de liste. Nous avons discuté des avantages et des inconvénients de ces scrutins. En gros, il s’agissait de la perception et du mode de scrutin. Pour ce qui est des questions de personnes, on ne peut pas s’y attarder longtemps parce que la Fecafoot est une institution et une grande famille. Les acteurs du football sont connus. Ceux-ci peuvent partir, d’autres reviendront sans que cela ne fasse un problème. C’est une grande famille.

Que faut-il justement pour que le socle de cette famille soit solide?

Pour que le socle soit durable, il faut que l’élection soit le moins contestable possible. Pour y parvenir, il faut que ceux qui viennent s’y soumettre sentent que les règles du jeu sont équitables pour tous. Les réserves qu’on peut avoir sur le système du scrutin de liste tel qu’il était pratiqué jusqu’ici ne permettait pas une multitude de candidatures.

En tant que praticien du droit, que proposez-vous comme solution?

Aujourd’hui, ma préférence est qu’on revienne au scrutin uninominal qui avait même déjà été appliqué auparavant. Ce système permettrait qu’au final, deux personnalités se mettent en avant pour présenter leur programme et leur vision du football au Cameroun. Et ces personnes constitueraient leurs listes. Après avoir été élues, elles constitueraient leur liste avec différentes propositions, par rapport au découpage géographique qui aura été déterminé. Pour que ça tienne compte de la configuration géographique du pays, on mettra, par exemple, un vice-président anglophone. Il faudrait au final que le Comité exécutif qui en sort, émane de la personne qui a été élue. Il y aurait certainement une meilleure cohésion et moins de discussion. Et en plus on pourrait s’enrichir des personnalités qui sont hors du football qui pourraient postuler.

Et à propos des conditions d’éligibilité à la présidence de la Fecafoot…

Les conditions d’élection du président de la Fédération doivent être le moins contestables possible. Peut-être aussi, revoir à la hausse le montant de la caution, pour concourir au poste de président de la Fecafoot. Nous avons proposé une caution de cinq millions de francs CFA. Par exemple, pour être président de ligue régionale, il faudrait une caution d’un million de francs CFA. Le but c’est qu’il y’ait quelque chose pour limiter les candidatures pour que tout le monde ne puisse pas venir et que l’on sache bien que si on n’atteint pas un certain seuil, on risque de perdre sa mise. Ça pourrait freiner tous ceux qui seraient tentés de penser que parce qu’on parle de football à la télévision, on peut être président de la Fecafoot. C’est quand même quelque chose de sérieux. Il faut pouvoir mettre en place des mécanismes pour que lorsqu’on veut devenir président de la Fédération camerounaise de football, on puisse présenter des gages de sérieux et de crédibilité.