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Charles Metouck : L’humiliation d’un « tout-puissant »

Interpellé le 18 février 2013, trois jours après son limogeage, l’ex-directeur général de la Sonara a été condamné à neuf ans de prison.

Etait-il une tête revendiquée à ce point au sein du sérail? Tout porte à le croire. Car la relative unanimité autour de l’interpellation de l’exdirecteur général de la Société nationale de raffinerie (Sonara), Charles Metouck, était étonnante. Au point où certains se demandaient si le déchu avait eu des amis du temps où il fréquentait les couloirs du pouvoir. D’abord, c’est un des plus hauts responsables de l’administration locale, jadis en service dans le Littoral, qui pilote « personnellement » le dossier Metouck, apprend-on. Les relations entre les deux hommes avaient été mises à mal, du temps où cet administrateur était aux commandes à Douala, à cause de l’« imposture » de Metouck, a-ton appris, toujours de source proche du dossier.

La rancune porte ses fruits. Surpris dans ses bureaux le 18 février, tout juste trois jours après son limogeage en conseil d’administration, Charles Metouck est interpellé et placé en garde à vue à la division régionale de la Police judiciaire du Sud-Ouest, à Buea. Son humiliation rappelle le cas Abah Abah, une autre victime de l’opération « Epervier », surpris chez son dentiste et affublé d’un autre chef d’inculpation alors qu’il purgeait déjà une peine. A la Police judiciaire, le désormais « ex-tout-puissant » Metouck est traité comme un détenu de droit  commun.

Une source judiciaire se souvient d’un jour d’audience au tribunal de première instance de Limbé. Le président du tribunal, constatant l’absence de Metouck parmi les détenus de la prison centrale de Buea comparaissant ce jour-là, a demandé des explications verbales. La réponse est que le détenu de luxe n’a pas été extrait faute de véhicule « approprié » pour son escorte. Sur instruction du président des céans, les geôliers sont allés ramener Metouck à bord du camion de transport commun des détenus. A l’arrivée, l’ex-Dg n’osait pas regarder la foule dans les yeux. Où étaient ses soutiens d’hier pendant ce « calvaire »? En prison, pour certains comme Atangana Mebara. Effacés, pour d’autres.

26 milliards F. Cfa

Charles Metouck est accusé de destruction de documents. Au tribunal, Il affirme qu’il est retourné à son bureau après son limogeage, sur autorisation du président du conseil d’administration, John Ebong Ngollè, avec l’approbation d’Ibrahim Talba Malla, le directeur général entrant, qui réfutent l’argumentaire du mis en cause. Le 24 avril, Metouck est condamné à neuf ans de prison ferme et interjette appel. Sa peine est assortie d’une amende de deux millions de Fcfa. Jean Jules Edinguele, le chef du service juridique de la Sonara au moment des  faits, écope lui aussi de neuf ans de prison contre vingt mois pour Noé Ngalle Mouelle, ex-directeur commercial.

Transféré à la prison centrale de Yaoundé, Charles Metouck est mis à la disposition du Tribunal criminel spécial (Tcs) qui l’inculpe pour coaction de détournement et tentative de coaction de deniers publics. Pour un montant de près d’un milliard Fcfa. Par le passé, le Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf) du Conseil supérieur de l’Etat avait retenu 20 fautes de gestion contre Metouck, pour un montant de 26 milliards au préjudice de la Sonara.

 

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