Chanter en entrant au stade: une tradition camerounaise

Les Lions indomptables ont observé la tradition une nouvelle fois, en poussant la chansonnette à leur arrivée au stade Saint-Petersbourg, avant d’y affronter l’Australie (1-1).

Les clichés ont la vie dure mais à l’occasion de la Coupe des confédérations, les Camerounais prouvent à qui veut bien l’entendre qu’ils ont définitivement le rythme dans la peau. Hier, jeudi 22 juin, les Lions indomptables ont effectué une entrée dansante, bruyante et festive au stade Saint-Petersbourg  avant d’affronter l’Australie  du Spartak. Ce scénario était déjà le même dimanche au stade du Spartak (avant le match contre le Chili).

Une arrivée qui a pu en surprendre certains et qui contraste avec celles des joueurs qui évoluent dans les championnats européens, repliés sur eux-mêmes, dans leur bulle, casque vissé sur la tête, le regard vide et sans le moindre échange ou signe de communion avec leurs coéquipiers. La méthode camerounaise n’en est pas vraiment une, mais elle permet de souder les troupes avant une rencontre. Il s’agit de sélectionner une chanson en pidgin (sorte de créole qui mixe des mots français, anglais et issus des différents dialectes), à faire cracher les décibels de la sono au son de ce morceau, à chanter à tue-tête et à marcher au pas cadencé tel un seul homme. Et accessoirement, de se trémousser. Un bon échauffement avant l’heure, de la sortie du bus à l’entrée dans le vestiaire.

Lechantre : « Ne pas aller à l’encontre de la tradition »

Si elle n’est toujours synonyme de victoire assurée, elle permet en tout cas de fédérer l’effectif, de souder les joueurs, de chasser la pression, d’extérioriser ses sentiments, d’instaurer à la fois un certain état d’esprit et une ambiance résolument joyeuse. Car après tout, le football, même au plus haut niveau, ce n’est que du sport.

«Quand il y a une telle ambiance, on laisse faire, explique Pierre Lechantre, sélectionneur du Cameroun de 1999 à 2001 et vainqueur de la CAN en 2001. C’est une façon pour eux de se désinhiber. Ils ont besoin de ça. J’ai notamment en tête le souvenir de notre match face à la France en 2001. De notre départ du Parc Astérix, où nous logions, à notre arrivée au Stade de France, les gars avaient chanté à tue-tête des chants africains. Ils n’avaient pas arrêté. A partir du moment où ils chantaient, ça voulait dire qu’il y avait de la motivation. C’est une autre méthode de gestion mais il faut laisser faire les gars et joueur le jeu à fond. Et ne surtout pas aller à l’encontre de la tradition. »