CEMAC. Zone Cemac :Le Cameroun coupé du Congo et de la Rca

A l’origine, des inondations causées par la sortie du fleuve Kady à Batouri et la dégradation générale de la nationale n°10.

Depuis vendredi 06 novembre 2015, la route nationale n°10 au niveau du village Sandaï à l’entrée de Batouri, chef-lieu du département de la Kadey à l’Est est complètement coupée. Ceci, à cause des inondations survenues dans cette partie du Cameroun. Le fleuve Kadey est sorti de son lit pour se déverser sur les rives sur une distance d’environ 1kilomètres. Jusqu’à 16 heures lundi 09 novembre, des centaines des passagers en provenance de Moloundou, Yokadouma, Kentzo et Batouri pour rallier Bertoua, n’ont pas pu bouger. Ils ont d’ailleurs installé une sorte de camp en plein air au village Sandaï. Il en est de même avec les passagers en provenance de Bertoua pour Batouri et les autres localités de l’Est.

Sur place, certains voyageurs se font transporter par des pirogues de circonstance d’un bout à l’autre, alors que d’autres passagers décident tout simplement de nager d’une extrémité à l’autre. En effet, selon les informations collectées sur place, «c’est la forte pluie qui s’est abattue sur toute la région de l’Est dans la nuit du 04 au 05 novembre dernier qui a provoqué le débordement du fleuve Kadey qui est sorti de son lit pour occuper les rives. Malheureusement, ces eaux rentrent très lentement», explique les riverains qui affirment que ces inondations ont aussi affecté l’arrondissement de Mbang, l’autre côté du fleuve Kadey. En dehors des passagers bloqués, près de 300 gros-porteurs en provenance de Douala via Bertoua pour les Républiques de Centrafrique et du Congo sont bloqués au village Sandaï, depuis vendredi dernier. «Nous sommes sur cette route en provenance du Congo depuis trois semaines à cause du mauvais état de la route et sur place ici à Sandaï, nous avons déjà passé trois nuits en plein air », déplore Ignatius Yemili, l’un des chauffeurs de camions stationnés.

Descendu sur les lieux ce lundi 09 novembre, Emmanuel Halpha, préfet du département de la Kadey affirme avoir pris des mesures conservatoires pour sécuriser le pont de la Kadey (menacé de destruction par les victimes en colère, ndlr) et sauver les vies des victimes. D’après le préfet, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, mais des dégâts matériels sont énormes. De son côté, Boudah, délégué départemental des Travaux publics pour la Kadey, indique que cette inondation va sérieusement endommager cette partie de la route nationale n°10. «La couche de roulement est déjà sérieusement attaquée et nous aurions un grand bourbier ici, après le départ de l’eau», affirme-t-il. Selon les riverains de cette localité, ce n’est pas la première fois que le fleuve Kadey sort de son lit «mystiquement» après chaque dix ans. Les mêmes sources affirment cependant que la dernière sortie de ce fleuve date de 23 ans.

Rappelons que cette perturbation de circulation sur la Kadey vient s’ajouter à la circulation déjà compliquée entre le Cameroun et la Rca en passant par Kentzou, et entre le Cameroun et le Congo, en passant par Moloundou, à cause de la dégradation générale de la route nationale n°10. Le ralliement entre ces espaces routiers, rendu impossible, les organisations humanitaires peinent à intervenir dans des sites d’accueil des victimes de la crise centrafricaine à Lolo et à Mbilé. Pour l’heure, les transactions commerciales entre le Cameroun et ses deux voisins sont paralysées. Des sources au ministère des Travaux publics (Mtp) affirment qu’«un marché a été passé depuis 2014. Seulemen, le montant de l’enveloppe de la somme de 500 millions s’avère insuffisante. C’est pourquoi, on a repris la procédure de passation du marché», pour ce qui est du tronçon entre Kwélé et Kentzou. Pour la situation sur le fleuve Kadey, le préfet de ce département a également affirmé qu’un marché d’entretien a été passé entre l’Etat et une entreprise pour le tronçon Bertoua-Batouri. Il est juste question d’attendre la fin des pluies pour le début des travaux.