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Célébration : Le mois des martyrs sur les fonts baptismaux

Célébration : Le mois des martyrs sur les fonts baptismaux

A l’initiative du « Mouvement de Février 2008 » la 6e édition du mois des martyrs débutera d’après le programme officiel le 23 Février 2014. Dans le déroulé du programme, hommages, messes, recueillements, plaidoyer, etc. devraient permettre à tous les camerounais de bords confondus de repenser pendant quelques jours à ces héros de l’indépendance et aux morts des émeutes de Février 2008 qui ont œuvré pour une gouvernance meilleure.

Le Cameroun vient de célébrer le 20 Février 2014 le cinquantenaire de la réunification certes 3 ans après la date réelle. Mais si dans plusieurs discours les noms de ces compatriotes-là qui ont œuvré pour l’indépendance du Cameroun ont été cités, le bilan « élogieux » fait dans le discours du Président Paul Biya n’a qu’esquissé très peu les embûches, difficultés et frein au développement qui ont empêché le Cameroun de décoller depuis des années.

Dans sa lutte acharnée pour le bien être et le bien vivre, le peuple camerounais à travers sa jeunesse représentant à ce jour près de 70% de sa population a aussi versé le sang dans des revendications sociales qui n’auraient jamais dû être réprimé de façon aussi brutale comme le décrie le Mouvement de Février 2008. Voulant éviter d’occulter l’histoire « noire » de la revendication et de la justice sociale sans oublier de magnifier tout le boulot abattu avant et après les indépendances par nos héros, le « Mouvement de Février 2008 » se veut citoyen dans l’édification d’une profonde réflexion sur le devenir et le développement de notre chère patrie.

L’on semble avoir oublié ces jeunes-là qui, dans un courage inédit ont pris sur eux de manifester leur ras-le-bol d’une vie misérable sans issue. Le 23 Février qui commémore cette bravoure verra également pour cette année la mise sur la table de toute la problématique relevé dans le rapport de l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH) à savoir le bilan et la suite des procédures intentées contre les jeunes.

En effet selon cette institution, 3 000 personnes ont été à ce jour arrêtées au sein de la société civile dont 2 000 dans le Littoral où ces émeutes ont fait des dégâts très importants, environ 400 dans la région de l’Ouest parmi lesquels 213 à Bafoussam, 85 à Bafang, 65 à Dschang, 4 à Bandjoun et 17 à Baham. Ce bilan provisoire connu pourrait être plus corsé si des recherches approfondies sont effectuées. Mais rien qu’à ce stade, il est important de comprendre le mal qui a été causé aux nombreuses familles.

Voulant également évoquer la problématique de l’immigration clandestine qui fait chaque jour des victimes dans le monde, le « Mouvement de Février 2008 » a prévu pour cette commémoration une exposition photos des dangers de ce fléau qui s’est certes accentué avec la gouvernance actuelle au Cameroun qui ne prône pas l’émergence de la jeunesse au sein de la société ; la preuve quelques sources affirmeraient à ce jour que dans l’armée camerounaise, quelques retraités viennent de signer de nouveaux contrats de 4 ans alors qu’ils vaquaient paisiblement à leurs occupations soit dans leurs villages soit dans des périphéries des grandes villes ou encore s’occupaient sans rechigner à faire vivre leurs nombreuses familles qui pour la plupart s’était agrandie avec tous les enfants reconnus lors du service rendu à la Nation pendant de longues années.

Tout de même si l’on devrait s’insurger des nombreux règlements de compte qui ont été perpétrés lors des émeutes dites de la faim de Février 2008 comme l’arrestation de Paul Eric Kingue qui, d’après quelques propos recueillis « serait un prisonnier politique pour avoir osé, oser se soucier du minimum de justice sociale. », le Secrétaire General de ce mouvement, Hugues Bertin Seumo dans sa communication affirment que : « Les émeutes qui ont secoué le Cameroun en février 2008 sont simultanément la résultante de  quinze ans de frustrations cumulées et l’éruption inattendue d’un volcan atone jusque-là. Aucun signe particulier ne permettait de pressentir ces mobilisations collectives qui ont surgi dans les villes camerounaises ce mois-là. Depuis la triennale dite des « années braise » (1990-1993), le pays n’avait pas connu de soulèvements aussi populaires, aussi sanglants.

Le Cameroun offrait l’image d’une certaine apathie collective. Des dizaines d’exécutions sommaires ont été rapportées. Plus significatifs sont les cas de certains manifestants ou des membres de leurs familles qui ont été délibérément ciblés par les forces de l’ordre et exécutés à bout portant. C’est le cas, le 27 Février, à Loum, où AYA Patrick Lionel, 11 ans, a été tué par balle devant le domicile familial. Il était le ils de JOE LA CONSCIENCE, un activiste bien connu des Droits de l’homme. A l’identique, le jeudi 28 Février, Jacques TIWA (ancien leader estudiantin au début des années 90) a été tué par un militaire qui a tiré sur lui a bout portant, sans sommation, alors que la rue était calme ; aucun autre passant n’a été inquiété.»

A quelques jours de la fin des festivités de la célébration de la réunification à Buéa, voici que cette autre évènement voudrait fédérer les camerounais. Donnons la chance au dialogue afin de ne plus accumuler les rancœurs qui pourraient aboutir lors de la fin proprement dite du régime actuel au repli social d’une grande majorité de la population martyrisée pendant de longues années et qui voudra se faire justice ; ce qui pourrait ouvrir la voie à une guerre civile jamais enclenchée dans aucun pays.

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