Ce que risque Bertrand Teyou après l’incendie de l’hôtel de ville de Besançon

L’écrivain camerounais, en garde à vue depuis le 26 juin dernier, encourt 10 ans de prison et 150.000 Euros d’amende. Sa comparution doit avoir lieu ce lundi

 

Le Camerounais Zephirin Bertrand Teyou (46 ans), réfugié politique en France et à l’origine d’un incendiesurvenu jeudi dernier à l’hôtel de ville de Besançon, dans le département du Doubs, doit comparaître ce lundi.

L’homme doit répondre au tribunal de grande instance de Besançon pour «destruction, dégradation ou détérioration volontaires d’un bien appartenant à autrui par l’effet d’une substance explosive, d’un incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes», selon l’article 322-6 du Code pénal, il encourt 10 ans de prison et 150.000 € d’amende (environ 98 millions de F CFA).

L’écrivain d’origine camerounaise s’était réfugié en France, pour avoir publié un ouvrage dénonçant le comportement de la Première Dame camerounaise, Chantal Biya. Il avait connu les geôles du pays, en 2010, mais put sortir et être accueilli en France.

Selon les informations obtenues, il ne vivait pas bien son arrivée – en mai 2013 –, et surtout, tentait d’obtenir en vain des aides pour la création d’une maison d’édition. Des demandes répétées auprès de services de la Ville, qui avaient viré aux menaces, voilà quelque temps: il avait ouvertement promis de prendre des sanctions si sa cause n’était pas entendue. Avant de prendre le bâtiment d’assaut, il aurait ordonné aux personnes se trouvant à l’intérieur de sortir, urgemment.

Zephirin Bertrand Teyou a été identifié comme le principal auteur de l’incendie de l’hôtel de ville de Besançon grâce aux caméras de surveillance placés dans l’immeuble. Entendu par les enquêteurs, il a reconnu les faits.

L’hôtel de ville de Besançon est un bâtiment classé, construit en 1393, puis modifié et agrandi en 1573. L’incendie provoqué le 25 juin a consumé une partie du bâtiment, sans faire de victimes. Une réunion est programmée le 2 juillet, entre les services de la Ville et la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) avec pour objectif d’établir un bilan du sinistre.