camernews-Pape-Francois-Biya

Ce que le pape François a dit à Biya

Ce que le pape François a dit à Biya

Devant un parterre de chefs d’Etat et de gouvernement, le couple présidentiel camerounais a rehaussé de sa présence à la cérémonie solennelle de sanctification de Jean Paul II et Jean XXIII, par François. Dans les secrets de l’échange que le souverain pontife a eu avec le président camerounais.

Les images resteront gravées dans les annales, celles du pape François et du chef de l’Etat, Paul Biya, échangeant devant caméras au premier rang des invités, à la Place Saint-Pierre. On apprend, selon des indiscrétions, que le maître des céans évoquant les questions de l’heure, n’a pas manqué de féliciter le président Paul Biya pour sa conciliante sagesse, sa sobriété, et surtout la manière  dont il dirige le Cameroun afin qu’il demeure un pays qui se développe.

Le Cameroun, sous le magistère de Paul Biya, selon le pape François, est un modèle de paix et de stabilité dans le monde ; et le chef de l’Etat camerounais, un dirigeant hors norme qui restera à jamais inscrit dans l’histoire du monde. D’autres confidences laissent entendre que le successeur du Pape Benoît XVI s’est réjoui des différentes propositions faites par le président Paul Biya lors du 4è sommet de Bruxelles, Union européenne-Afrique sur la crise en République centrafricaine, consacrant notamment l’envoi d’environ 12 000 Casques bleus (soit 10 000 soldats et 1 800 policiers) au pays de Catherine Samba-Panza, afin de sécuriser le pays en proie depuis un an déjà, à une incontrôlable anarchie et aux violences à nulle autre pareille, entre fidèles chrétiens (Anti-Balaka) et musulmans de l’ex-rébellion Séléka. A la fin de leur interlocution, confie-t-on, le chef de l’Eglise catholique n’a pas écarté l’hypothèse d’une visite prochaine au Cameroun. Toujours est-il que le Cameroun, pays d’Afrique centrale à 30% environ de fidèles catholiques, était représenté par le couple présidentiel Chantal et Paul Biya à cette double canonisation inédite. Pour des raisons évidentes.

En effet, le charismatique Jean Paul II (262è Pape, de 1978 à 2005)  aura honoré le Cameroun par deux visites pastorales, en août 1985 et septembre 1995. Un exploit jamais réalisé par le passé. Et c’est un secret de polichinelle que le président Paul Biya avait entretenu une relation très cordiale et conviviale avec le défunt cardinal Karol Józef Wojtyla. Même outre-tombe, l’homme des «Grandes réalisations» ne  manque aucune occasion pour manifester son attachement au pape polonais. De la cérémonie des obsèques en passant par la messe pontificale de béatification en 2011, Paul et Chantal Biya ont manifesté leur sincère amitié à celui qui a donné le sacrement du baptême à leurs progénitures, sur place à Yaoundé. La relation entre Jean Paul II et le Cameroun est toute spéciale. En 6 mois d’intervalle, le chef de l’Etat camerounais se rend au Vatican pour la deuxième fois. Et au-delà de la cérémonie de canonisation, il est porté à croire que l’accélération du travail en rapport avec l’officialisation du statut de l’Église catholique romaine au Cameroun n’est pas sans lien avec ce déplacement présidentiel au Vatican. Et selon une source, une quarantaine de Camerounais a été aperçu lors de cette double canonisation, à la place Saint-Pierre. Arrivés quelques jours avant, ces derniers ont prié et se sont recueillis sur les tombes des désormais Saints.

Dans le «registre céleste». 

Le préfet de la cause des saints, le cardinal Angelo Amato, a commencé par prononcer en latin trois requêtes successives pour demander à François d’inscrire les deux papes dans le registre des saints. Après le rite de canonisation prononcée par le Pape, une messe s’en est suivie. Dans son homélie, François a rendu hommage aux deux papes les plus emblématiques de l’après-guerre porteurs d’une «espérance vivante», qui «ont connu des tragédies mais n’en ont pas été écrasés». Et de rappeler qu’ils avaient aidé à «restaurer et actualiser l’Église selon sa physionomie d’origine». La cérémonie en présence de deux Papes vivants, très courue, a duré deux heures de temps. C’est en présence des centaines de milliers de personnes (93 délégations officielles, dont 24 chefs d’État et 35 chefs de gouvernement, 140 à 150 cardinaux, 1000 évêques, 6000 prêtres et 200 diacres) que la cérémonie inédite a été célébrée en mondovision par le pape latino-américain François au Saint-Siège (13 mois après son élection), hier dimanche. Avec la présence du pape émérite allemand Benoît XVI qui a participé pleinement à la cérémonie liturgique, avec 150 cardinaux et un millier d’évêques, d’aucuns ont fait de qualifier ce jour exceptionnel de «dimanche des quatre papes». Car, c’est un événement unique dans les 2000 ans d’histoire de l’Église catholique.

En prélude à cette «journée mythique pour l’Église»,  des veillées de prière ont eu lieu en la basilique Saint Jean de Latran. Pour ne pas perdre leur place au premier rang, certains religieux ont dû passer la nuit à la Place Saint-Pierre. Et surtout être aux avant-postes de la cérémonie de consécration de celui qui aura, d’une manière ou d’une autre «changé leur vie». Ici et là, se déploient la protection civile, les carabiniers et les ambulanciers. Pour beaucoup d’observateurs, cet événement peut contribuer à dissiper le souvenir d’années marquées par des scandales, notamment la pédophiles, et réconcilier deux sensibilités différentes de l’Église incarnées par ces deux papes.

Une histoire de la double canonisation

Si tous les avis s’accordent sur la canonisation de Jean XXIII (surnommé «le bon pape»), initiateur du Concile Vatican II (1962-1965) qui marqua l’ouverture de l’Eglise catholique à la société et autres religions, il est à relever que celle de Jean Paul II qui intervient 9 ans seulement après son décès, fait l’objet de nombreuses critiques. C’est vraisemblablement la canonisation la plus rapide de l’histoire. Un record qui s’explique par le fait que le Pape Benoît XVI avait choisi de ne pas tenir compte du délai obligatoire de 5 ans pour ouvrir la cause de béatification et de canonisation de son prédécesseur. D’autant plus que son pontificat fut marqué par la protection des droits de l’homme : «La paix se réduit au respect des droits inviolables de l’homme (…), tandis que la guerre naît de la violation de ces droits et entraîne encore de plus graves violations de ceux-ci» (première encyclique, Jean Paul). Mais, ses détracteurs reprochent à Jean Paul II son indifférence face aux crimes pédophiles et sa sévérité avec les théologiens dissidents. Pour bon nombre de fidèles, «Jean Paul II représente l’amour, la loyauté envers Dieu». Au demeurant, les deux hommes sont inscrits à jamais dans le « registre céleste ».

Comprendre le processus. 

La canonisation est un rite suivi par l’Église catholique romaine et les Églises orthodoxes, permettant d’ajouter une personne au nombre des saints. Et pour être reconnue comme sainte, une personne doit remplir plusieurs conditions. La procédure commune repose sur trois critères : elle doit être décédée, avoir mené une vie chrétienne exemplaire et avoir accompli au moins deux miracles. Deux miracles sont reconnus à Jean-Paul II : la guérison d’une religieuse française atteinte d’une maladie dégénérative, puis la disparition de l’anévrisme incurable dont souffrait une Costaricienne. Pour Jean XXIII, une exception a été accordée puisqu’un seul miracle lui a été reconnu, la guérison en 1966 du cancer à l’estomac d’une religieuse. Le procès en canonisation commence par la déclaration reconnaissant « vénérable » la personne défunte. Celle-ci est alors reconnue digne de recevoir une vénération locale. Elle peut ensuite être béatifiée suite à une cérémonie de béatification qui est une déclaration, par décret pontifical, qu’une personne de foi chrétienne a pratiqué les vertus naturelles et chrétiennes de façon exemplaire, ou même héroïque. Les Papes Jean XXIII et Jean-Paul II sont béatifiés respectivement en 2000 par Jean Paul II et 2011 par Benoît XVI.

En rappel, jusqu’au Xe siècle, il n’existe pas dans l’Église catholique romaine de procédure centralisée pour déclarer une personne sainte. Le plus souvent, c’est la vox populi qui déclare la sainteté. La première déclaration officielle de la part de l’Église de la sainteté d’une personne est la bulle pontificale envoyée par Jean XV en 993 aux évêques de France et de Germanie, pour leur signaler qu’Ulrich, évêque d’Augsbourg devait être considéré comme saint. Le terme même de canonisation apparaît sous la plume du pape Benoît VIII, à propos de saint Siméon de Padolirone. Jusqu’ici, 80 papes ont été canonisés et 11 béatifiés.

Des Papes éphémères

Deux papes furent régulièrement élus mais n’exercèrent pas leur fonction et furent régulièrement remplacés après quelques jours seulement :
Étienne en 752, entre le 91e et le 92e pape.
Célestin II en 1124, entre le 162e et le 163e pape.
Ils ne sont généralement pas décomptés dans les listes de papes et sont souvent à tort qualifiés d’antipapes.

Des Papes africains

Victor Ier (189 -199) 14e Pape
Miltiade (311 -314) 32e Pape
Gélase Ier (492 – 496) 49e Pape

Ecce homo
Jean XXIII (259è Pape). Angelo Giuseppe Roncalli (Sotto il Monte, près de Bergame, Italie, 25 novembre 1881 – Rome, 3 juin 1963) fut élu pape le 28 octobre 1958 sous le nom de Jean XXIII (en latin Ioannes XXIII, en italien Giovanni XXIII). En Italie, on lui donne le surnom affectueux d’Il Papa Buono (« Le Bon Pape », ou « Le Gentil Pape »).

Jean Paul II (262è Pape). Karol Józef Wojtyla (Wadowice, près de Cracovie, en Pologne, 18 mai 1920 – Vatican, 2 avril 2005) est un prêtre polonais, évêque puis archevêque de Cracovie, cardinal, élu pape de l’Église catholique le 16 octobre 1978 sous le nom de Jean-Paul II (en latin Joannes Paulus II, en italien Giovanni Paolo II, en polonais Jan Pawel II). Jean-Paul II est considéré par certains comme l’un des meneurs politiques les plus influents du XXe siècle. Plus encore, il est présenté de plus en plus comme le modèle de la nouvelle évangélisation, portée par l’ensemble de sa vision pastorale. Il béatifia 1 340 personnes et canonisa 483 saints, soit plus que pendant les cinq siècles précédents.

camernews-Pape-Francois-Biya

camernews-Pape-Francois-Biya