CE QUE LA RSE PEUT APPORTER AU SECTEUR DES ASSURANCES AU CAMEROUN

La question a été abordée ce 08 mai 2015 à Yaoundé peu de temps avant l’installation du bureau nouvellement élu de l’Association des Assureurs du Cameroun (ASAC).

Les patrons des principales compagnies d’assurances se sont montrés très intéressés par l’exposé du cofondateur de l’Institut Afrique RSE sur l’approche Responsabilité sociétale des entreprises dans le secteur des assurances. La question centrale autour de laquelle se sont concentrées leurs préoccupations peut se résumer en ces termes : comment dégager une marge bénéficiaire lorsqu’on est une compagnie d’assurances et qu’on décide d’appliquer la RSE ? Pour le dire simplement, il a été question de savoir comment il est possible de gagner de l’argent grâce à l’application des principes éthiques de responsabilité qu’exige toute démarche RSE.

La réponse de Thierry Tene s’est voulue didactique. Il a indiqué au directeur général deZenith Assurances qui a particulièrement insisté sur la problématique de la rentabilité que la RSE est d’abord un outil de communication pour toutes les entreprises. Elle permet de donner aux structures qui se plient à ses exigences une posture et une stature de responsabilité à laquelle adhère en général la population qui constitue le vivier de ses clients. D’un point de vue direct, il est tout aussi possible d’appuyer sur le levier de la RSE pour recruter de nouveaux clients. Il suffit de garantir des couts bas à toutes les entreprises impliquées dans une démarche responsable. Cela encouragerait davantage d’initiatives dans ce sens en même que les compagnies d’assurances recruteraient de cette manière des entreprises dont le capital risque est plus faible.

Lobbying

Mais le principal bénéfice que pourraient tirer les dirigeants du secteur des assurances est effectivement dans la diversification de son portefeuille d’assurés. Il faudrait alors travailler au développement de nouveaux produits notamment pour la base de la pyramide sociale. Une bonne occasion d’accélérer le développement de la micro-assurance au Cameroun, un pays dans lequel seuls 3 à 4 pourcent de la population a souscrit à une police d’assurances. Pour l’instant, lui ont fait remarquer les assureurs séance tenante, la réglementation est encore trop contraignante pour pouvoir avancer dans le cas particulier de la micro-assurance. La RSE peut justement servir d’outil pour réussir une campagne de lobbying auprès des autorités pour lever les barrières réglementaires qui freinent le développement du secteur.