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Catastrophe ferroviaire: Paul Biya invisible aux cérémonies de recueillement, les hommages publics interdits

Catastrophe ferroviaire: Paul Biya invisible aux cérémonies de recueillement, les hommages publics interdits

Les Camerounais ont pourtant bien respecté la journée de deuil national du 24 octobre 2016.

Ambiance morose. La journée de lundi n’avait rien d’ordinaire. Normal. Elle a été décrétée journée de deuil national par le Président de la République. Un moment de recueillement en soutien aux victimes du grave accident du train 152 de la CAMRAIL le 21 octobre 2016. Officiellement, 79 personnes ont été tuées et près de 560 autres blessés.

C’est pourtant un hommage plutôt particulier qui a été rendu. Aucune marche, pas de chapelle ardente et autre lieu de recueillement. Si à la gare voyageurs de Yaoundé, le personnel de CAMRAIL habillé en noir, a observé une minute de silence à 13 heures, les seules activités publiques autorisées étaient les offices religieux. Des cultes dans les églises et des prières dans les mosquées principalement à Yaoundé, Eséka et Douala, les villes les plus touchées par le sinistre.

À Yaoundé, des personnes ont convergé vers des lieux symboliques, pensant qu’il y aurait une manifestation particulière. Mais il n’en était rien. Les Camerounais qui voulaient se rendre à la Place de l’Indépendance pour se recueillir en ont été empêchés par les forces de l’ordre. Des agents de police étaient postés à toutes les entrées de ce lieu historique situé au quartier Hippodrome. Ils ont d’ailleurs dressé un cordon de sécurité.

Rendus sur les lieux autour de 18 heures, nous avons touché du doigt la réalité. «Où allez-vous», a demandé au reporter de Cameroon-info.net, une policière postée à l’Avenue des banques. «Nous sommes là pour le recueillement à la Place de l’Indépendance », avons-nous répondu. «Non, vous ne pouvez pas y accéder. Il n’y a pas d’hommage ici. Allez à la cathédrale», a conseillé la dame en tenue.

C’est donc à la Cathédrale Notre Dame des Victoires qu’il fallait se rendre. Ici, en présence de nombreux fidèles, une messe a été dite par Mgr Jean Mbarga, l’archevêque de Yaoundé, avec à ses côtés plusieurs autres prélats. Si Paul Biya n’était pas physiquement présent, le Chef de l’État s’est néanmoins fait représenté personnellement par René Emmanuel Sadi, Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation.

Tout en invoquant la douleur des Camerounais, le célébrant principal a demandé de prier pour les défunts et les blessés. Mgr Jean Mbarga a aussi supplié Dieu-Tout-Puissant d’épargner le Cameroun de ce type de drame à l’avenir. À la fin de l’office, une information spéciale a été communiquée par un des concélébrants: pas de recueillement public en dehors des offices religieux. «L’Église catholique recommande les prières en famille», a ajouté l’homme de Dieu, s’adressant à l’assistance. C’est ainsi que s’achevait cette journée spéciale pour des Camerounais qui porteront encore le deuil pendant de nombreux jours.

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