Casse-tête protocolaire dans les cérémonies officielles

La gestion  de la préséance  pose problème dans les unités administratives en région.

Vendredi, 20 juin 2014. A l’esplanade de l’Hôtel de ville de Yaoundé. René Emmanuel Sadi, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), préside la cérémonie d’installation du nouveau gouverneur de la région du Centre, Joseph Otto Wilson. Une agitation règne du côté protocolaire. Comment ou plutôt, dans quel ordre de préséance installer les membres des deux chambres du parlement d’une part? D’autre part, faut-il faire asseoir les sous-préfets de la région derrière ou devant ces parlementaires ? Et où  devraient s’installer le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé et les autres maires ?

Voilà un casse-tête auquel les habitués dans l’organisation des cérémonies officielles en région sont très souvent confrontés. Le 22 juin dernier, plusieurs députés de la commission de la Production et des échanges ont justement interpellé le ministre délégué auprès du Minatd, chargé des Collectivités territoriales décentralisées, Jules Doret Ndongo, au sujet des questions protocolaires, de préséance et d’organisation des cérémonies dans les unités administratives. « C’est un problème général parce qu’il se trouve que certains parlementaires, ici et là, sont frustrés par le fait qu’on fasse passer le maire avant eux ou le commandant de brigade et parfois même les responsables de services techniques tels que les délégués d’arrondissement, les délégués départementaux et parfois régionaux », lit-on dans le rapport dressé par ladite commission durant l’examen du projet de loi portant régime des jeux d’argent et de hasard.

Dans sa réponse, Jules Doret Ndongo a renvoyé les députés aux dispositions réglementaires qui régissent les règles de protocole durant les cérémonies officielles. Or, il se trouve que le dernier texte en la matière a été pris il y a presque 40 ans. C’est le décret n° 76/424 du 16 septembre 1976 fixant les règles du protocole à observer en matière de cérémonies publiques, préséances et honneurs civils et militaires. Entre-temps, il y a eu une autre chambre au parlement, les communes rurales ont disparu, bref, en plus de trois décennies, beaucoup de choses ont changé. Ce qui fait donc dire à un certain parlementaire que « les règles protocolaires en région varient en fonction des humeurs d’une autorité administrative à l’autre ».