Carte nationale d’identité : le précieux sésame reste difficile d’accès

En lieu et place, les demandeurs ont droit à des récépissés prorogés à maintes reprises.

En mettant sur pied le troisième prototype de carte d’identiténational (Cni) en 2016 dont l’atout majeur portait sur l’inviolabilitéde ce dernier, le gouvernement du Cameroun voulait apporter une réponse ferme aux usagers ayant plusieurs identités. Cette offensive du gouvernement ne semble pas porter les fruits attendus à la promesse des discours annonçant son implémentation. Jules Mbeleg est un jeune vendeur à la sauvette qui traîne un récépissé depuis juillet 2018.

«Lorsque j’ai constaté qu’il ne restait que trois mois avant la date d’expiration de ma Cni, je suis allé au commissariat avec les documents à fournir. La Cni en cours de validité est resté et on m’a rémis un récépissé. Il était question que je repasse trois mois après pour récupérer ma nouvelle carte, ce qui n’est pas le cas jusqu’à ce jour. Mon récépissé a été prorogé de trois mois puis de cinq mois. La dernière prorogation s’achève en décembre prochain», explique Jules Mbeleg. Une opinion que partagent beaucoup de Camerounais.

C’est aussi le cas de Monique O., étudiante,.elle paie qussi les frais de cette indisponibilité de carte depuis pratiquement un an. Elle s’interroge aujourd’hui si elle finira par l’obtenir. Cette dernière affirme qu’«à force de me rendre au commissariat pour une Cni qui n’était pas disponible pour des raisons que j’ignore, ùn fonctionnaire de la police m’a suggéré de refaire un autre dossier. Chose faite hélas, les prorogations vont de plus belle».

Outre cette indisponibilité de cartes nationales d’identité, les •usagers de téléphonie mobile sont sous pression tout le temps car harcelés de messages les rappelant d’aller se faire identifier du fait de l’expiration de leur Cni faute de quoi, ces derniers verront leurs lignes suspendues.

Lionel Jean, responsable de la société Gemalto, société en charge de la production des Cni au Cameroun, affirmait que la nouvelle Cni est en polycarbonate, plastifiée et établie sur fond pré-imprimé selon la norme Iso/Cei 7810. Elle est en format ld-1, biométrique et contient une puce électronique. Une publicité qui ne disait pas qu’il était long le chemin permettant de l’obtenir.

L’acquisition du sésame passe aussi par une attitude correcte dans la quête et la production de certains documents officiels et personnels. Selon un fonctionnaire de la police, «le processus mis sur pied pour la production de la Cni est très rigoureux aujourd’hui. Il y a peut-être quelques difficultés ou des pesanteurs mais beaucoup d’individus souffrent de double ou de triple identité. Lorsque vos informations personnelles arrivent dans la base de données et que la machine détecte ce genre de cas, votre Cni ne sera jamais produite».

Le policier renchérit son argumentaire sur le sujet en précisant que, «pour pallier le problème, l’intéressé doit se rendre dans une institution judiciaire. C’est après cela que la police, aux vues des documents présentés, que ce dernier pourra bénéficier d’une Cni faisant de lui, un citoyen ».

Il faut aussi noter que les commissariats regorgent de nombreuses cartes d’identités qui n’attendent que les propriétaires. Certains après une prorogation, ne retournent pas vérifier si leur document a déjà été produit.