Carl Enow Ngachu l’homme orchestre des filles

L’entraîneur de la sélection féminine du Cameroun enchaîne les records dès sa première participation à la coupe du monde.

Egaler le record du Nigeria en coupe du monde féminine. C’est le prochain défi de Carl Enow Ngachu et ses pouliches, qui affrontent la Chine en 8ème de finale du Mondial féminin samedi à Edmonton au Canada. En cas de qualification, l’équipe entraînée par Enow Ngachu égalera le record des Super Eagles du Nigeria, quarts de finalistes de la coupe du monde féminine en 1999. Parallèlement, Carl Enow Ngachu se hissera à la hauteur du russe Valery Nipomniachi qui amena les Lions indomptables en quart de finale du Mondial 1990 en Italie. «Ça nous met la pression. Tout le monde parle de nous sur les réseaux sociaux. Pour éviter que les filles ne soient stressées, j’ai récupéré leurs téléphones pour les couper de tout contact avec le monde extérieur», a-t-il révélé sur camfoot.com. Mais le sélectionneur et ses filles ont déjà établi plusieurs records en terre canadienne.

Notamment, le record de la plus large victoire africaine en coupe du monde féminine (6-0) contre l’Equateur. Il est devenu le premier entraîneur camerounais victorieux au Mondial féminin ; premier entraîneur africain d’une joueuse auteur de 3 buts dans un match de coupe du monde, premier entraîneur camerounais à qualifier les Lionnes indomptables pour le 2ème tour d’une coupe du monde. Carl Enow Ngachu et ses pouliches ont également battu le record de buts marqués au Mondial féminin avec 9 buts lors du premier tour. Mais avant même de débarquer en Amérique du nord, il avait déjà établi un record, en devenant le premier entraîneur camerounais à qualifier les Lionnes pour le Mondial féminin, grâce à la performance de vice-champion d’Afrique, lors du championnat d’Afrique des nations Namibie 2014. Sans oublier qu’auparavant, Carl Enow Ngachu donna à la sélection féminine du Cameroun, son premier titre, avec la médaille d’or glanée dans le tournoi de football dames, aux Jeux africains de Maputo au Mozambique en 2011.

Le natif du département de la Manyu continua dans sa lancée et qualifia le Cameroun pour la première fois de son histoire pour le tournoi de football féminin lors des Jeux olympiques de Londres en 2012. Une compétition durant laquelle son équipe fut balayée dès le premier tour. L’année de ses 40 ans, Carl Enow Ngachu vit l’apogée de sa carrière. Lui qui essuya plusieurs critiques dès sa première compétition internationale avec les Lionnes, lors du championnat d’Afrique des nations 2008 en Guinée équatoriale. Le jeu de son équipe et surtout la sélection de certaines joueuses furent notamment dénoncés. Mais il fut maintenu à son poste.

Stabilité

C’est alors qu’il entama un travail de fond en constituant un noyau dur, composé des joueuses actuellement au Canada, telles que Madeleine Ngono Mani, Christine Manie, Gabrielle Aboudi Onguéné, Cathy Bou Ndjouh ou Gaëlle Enganamouit. Ces joueuses qui font actuellement la fierté du Cameroun ont fait leurs classes auprès d’Enow Ngachu qui les a rodées à la haute compétition.

Ce technicien de football formé à l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs) à Yaoundé, puis en Allemagne, fit ses classes au sein d’Akada Sport de Limbé, dans Njalla Quan Sport Academy où il officia comme directeur technique lorsque le club de la cité balnéaire du Sud-ouest était en Elite Two. En 2009, Carl Enow Ngachu connut sa première expérience internationale en club, au sein des Astres de Douala, lors de la phase de poule de la coupe de la confédération de la Caf. Il fût dépêché au sein des «Brésiliens de Bépanda» comme coach d’appui, auprès de l’entraîneur principal de l’époque Nicolas Tonye Tonye. Enfin l’année dernière, Enow Ngachu passa une partie de la saison sur le banc de touche de Yong Sport Academy de Bamenda en Ligue 1.

Avant  d’entamer la formation d’entraîneur, il fit une brève carrière de footballeur au sein du Diamant de Yaoundé en deuxième division dans la région du centre, puis il monta d’un cran en intégrant Sable de Batié en première division. Entraîneur des équipes de jeunes, puis des clubs de première division chez les garçons, c’est avec les filles que Carl Enow Ngachu écrit les plus belles pages de sa carrière. Après les records de la coupe du monde qu’il peut encore améliorer ou égaler, le sélectionneur des filles peut poursuivre son rêve l’année prochaine, lors des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro au Brésil. Puisque le Cameroun est encore en course pour une qualification.