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CAN Féminine 2016: Le calvaire des commerçants du Village de la CAN à Limbe

CAN Féminine 2016: Le calvaire des commerçants du Village de la CAN à Limbe

Après avoir dépensé des sommes colossales pour s’offrir des stands dans cet espace, ces derniers ne se voient pas en train de rentrer dans leurs frais.
Le samedi 26 novembre 2016, le village de la CAN de Limbe, aménagé au lieu dit «Community Field» était complètement plongé dans le noir, suite à une panne d’électricité. Cet incident a causé beaucoup de torts aux commerçants qui se sont offert des stands (à des prix prohibitifs) dans cet espace créé à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations de football féminin, Cameroun 2016 dont Limbe abrite le groupe B. L’obscurité qu’il a occasionnée durant toute la soirée dans ce lieu, a découragé les visiteurs (déjà très peu nombreux) qui avaient l’intention de s’y rendre, affectant considérablement les recettes des commerçants. Les vendeurs de crèmes glacées et jus de fruits naturels dont le fonctionnement des machines dépend exclusivement de l’énergie électrique ont passé une soirée cauchemardesque.
Si cette  panne affectait pour la première fois le village tout entier, elle n’était pas un fait nouveau pour les stands du secteur des produits artisanaux, alignés derrière le car-podium. Ceux-ci n’ont jamais réussi à jouir de  l’énergie électrique depuis leur installation. Malgré les multiples et incessantes plaintes de leurs propriétaires, les organisateurs ont été incapables de les alimenter. «C’est vraiment difficile pour nous. Nous ne savons pas ce que nous faisons ici, puisque le soir, lorsqu’il y a plus de visiteurs, nous ne pouvons pas leur présenter nos produits à cause de l’obscurité. Nous avons même cotisé 500 Francs par stand que nous avons remis aux organisateurs pour que ce problème d’électricité soit résolu. Mais rien n’a été fait», se désole une vendeuse de tenues africaines. Cette dernière considère déjà la somme dépensée pour s’offrir un stand, comme un investissement à perte. «La dernière fois, j’ai reçu un couple de français dans ce stand qui voulaient bien s’offrir des tenues. Mais sans lumière, ils ont été obligés de repartir sans rien acheter», ajoute notre interlocutrice, très remontée contre les responsables de ce village.
Les commerçants déplorent aussi le faible taux de visiteurs dans les stands. Ils accusent les organisateurs de ne rien faire pour attirer le public à cet endroit. En dehors du grand concert organisé le jeudi 24 novembre 2016 grâce au Ministère des arts et de la culture et qui a regroupé plus d’une vingtaine d’artistes de renom venus de toutes les régions du Cameroun, la scène du village de la CAN n’a  accueilli aucune véritable vedette jusque-là.  Les commerçants du secteur de la gastronomie ne sont par ailleurs pas autorisés à vendre des boissons gazeuses autres que celles de  marque Vigo (un des sponsors officiels de la CAN), ce qui décourage certains consommateurs. Un grand manque à gagner pour les vendeurs qui ne se voient pas en train de rentrer dans leurs frais.  «Ça va être difficile qu’on s’en sorte. Non seulement il n’y a pas beaucoup de visiteurs mais en plus, il y a des choses qu’on nous interdit de vendre», regrette Chantal, une commerçante partie de Douala. Celle-ci dit avoir obtenu son espace moyennant une somme de 100 000 Francs CFA. Elle a du, en plus,  recruter deux autres personnes pour l’assister dans ses tâches. Excédés par l’indifférence des responsables de ce village, certains commerçants ont préféré plier bagages, sans attendre la fin des activités liées à la Coupe d’Afrique des Nations de football féminin 2016, dans le chef-lieu du Département du Fako.
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