Cameroun/Santé: le casse-tête des résistances

La lutte contre la résistance aux antimicrobiens au cœur d’une formation ouverte ce 13 juin

10 millions de décès par an. Voilà l’hécatombe qui pourrait se produire d’ici 2050 à l’échelle planétaire en raison de la résistance aux antimicrobiens. Données fournies hier, 13 juin, par le représentant de l’Oms au Cameroun. Le Dr Jean-Baptiste Roungou s’exprimait ainsi à l’ouverture d’un atelier de formation des points focaux nationaux sur l’élaboration des plans d’action de lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Etalé sur quatre jours, cet atelier est le troisième du genre.
A l’origine du risque désormais encouru, l’utilisation « peu rationnelle » des antimicrobiens dans les secteurs de la santé humaine, animale, agricole et environnementale, laquelle a exercé « une pression de sélection substantielle entraînant une escalade pandémique de la résistance aux antimicrobiens », explique le Dr Roungou.
Facteurs aggravants, poursuit-il, la prescription inappropriée, la distribution et l’utilisation incorrecte d’antibiotiques chez l’homme, l’animal et en agriculture sont aujourd’hui « des faits courants et constituent des dangers majeurs ». De plus, la faible capacité réglementaire des médicaments et la circulation des antimicrobiens défectueux, faussement étiquetés, falsifiés, contrefaits dans la chaîne d’approvisionnement contribuent aux échecs de traitement, à l’émergence et à la propagation des résistances.
Pour répondre à cette menace globale, qui vise hommes, animaux et plantes, l’option internationale est d’adopter un nouveau paradigme, l’approche « Une seule santé », exposée par le Dr Florence Zeh Kakanou, représentant du Minsanté à la cérémonie d’ouverture. Il est question de favoriser le renforcement de la collaboration interdisciplinaire et multisectorielle pour la résolution des problèmes de santé à l’interface homme-animal-environnement. De même, cette approche globale encourage les synergies d’action dont les activités ont une incidence sur la santé.
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