Cameroun:Les faux certificats médicaux dénoncés

Atteinte à l’éthique. Six médecins seront entendus en conseil de discipline de l’Ordre pour délivrance fantaisiste de ce document. Le secrétaire général de l’Ordre national des médecins du Cameroun (Onmc), Bidzogo Atangana, a mis en garde les membres de cette corporation contre le phénomène de délivrance fantaisiste des certificats médicaux.

Jeudi dernier, il a déclaré: « L’Ordre national des médecins du Cameroun est de plus en plus saisi par les plaintes des usagers au sujet des certificats médicaux. Nous attirons votre attention sur cette pratique, car des couples sont chaque fois devant la barre à cause des certificats médicaux que plusieurs médecins délivrent selon le volume des billets de banque. Sachez que vous pouvez être convoqué à tout moment en justice pour avoir livré un certificat médical établi sans constat, ni examen du patient». C’était lors de la remise des diplômes à 84 nouveaux médecins en fin de formation à l’Institut supérieur de technologie médicale de Nkolondom de Yaoundé. Une cérémonie présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo.

D’après Bidzogo Atangana, la corruption a pris le dessus sur l’éthique lors de la délivrance des certificats médicaux. De nombreux travailleurs, pour justifier leur indisponibilité, brandissent à leurs patrons ce document signé par un médecin.

Mais, certains présentent des documents établis non pas sur la base d’un constat ou d’un examen, mais suite à un arrangement avec le médecin. Le docteur Bidzogo a déclaré que la délivrance fantaisiste d’un certificat médical constitue une grave atteinte à l’éthique et à la déontologie dans le corps du métier, et que le médecin reconnu coupable de cette faute risque des sanctions disciplinaires pouvant conduire à sa radiation de la corporation. Le « faussaire » s’expose aussi aux poursuites judiciaires.

En fait, les certificats médicaux délivrés par les médecins sont aussi utilisés pour des règlements de compte. Alphonse Djochikou, avocat au barreau du Cameroun, explique: « Nous avons constaté ce problème devant la barre. Généralement lorsque quelqu’un est accusé de blessure simple ou blessure légère, dans les débats nous constatons que le certificat médical a été délivré sans constat du médecin. Pour mettre ces plaignants en difficulté, nous avons l’habitude d’exiger la photo. Lorsque nous obtenons l’image c’est contraire à ce qui est écrit dans le certificat. »

Selon le président de l’Onmc, le docteur Guy Sandjon, six médecins seront entendus le 4 septembre prochain par l’instance qu’il dirige.