Cameroun,journée mondiale de la femme rurale: bazou range les petits plats dans les grands

Des femmes rurales du Ndé, se sont retrouvées à Bazou, chef lieu de l’Arrondissement du même nom, à l’effet de se célébrer mutuellement et exalter la fête à elles consacrée.

s « Autonomisation des femmes pour l’attente des objectifs de développement durable », voila ce qui a été jeté en pâture comme base de réflexion pour améliorer au mieux, les conditions futures de la femme qui mène une activité rurale. Le 15 octobre 2016 passé, la communauté mondiale toute entière a marqué un coup d’arrêt à ses activités pour respecter celles qui nourrissent le monde. A Bazou, l’on n’a pas fait dans la dentelle. Organisation presque parfaite. Mobilisation tout azimut. Autorités administratives et judiciaires battant le rappel des troupes. Des chefs traditionnels en ont fait leurs affaires personnelles.

Il faut surtout saluer le doigté et la dextérité de Tchagna Jacqueline Rêve Angeline, présidente du réseau des associations féminines de Bazou (Rafabaz), présidente du comité d’organisation de la JMFR 2016 dans le Ndé, par ailleurs première adjointe à la mairie, maitresse des lieux. C’est elle qui a mis les petits plats dans les grands. Reconnue pour sa grande générosité, elle n’a pas failli à ce que des gens pensent d’elle en termes d’événementiel. « Elle a démontré son grand cœur, son altruisme légendaire, son savoir-faire dans l‘encadrement des femmes, qu’elle considère toutes comme ses sœurs. Nous lui avons apporté un cadeau comme dans la pure tradition des filles Medumba, notre manière de lui témoigner notre reconnaissance », a précisé Tchalon pauline de l’association des femmes dynamiques de Bangangté.

Cérémonie ponctuée par diverses articulations entre autres : discours, intermèdes culturels et musicaux, défilé des différentes organisations féminines, visite des stands dressés pour le mini

comice agropastoral. Le mariage collectif était l’une des principales attractions. Dans ce registre, 16 unions ont été scellées. Des mariés ont reçu des présents des mains du maire Yactchoua Tounoukeu Jérôme, respectivement des brouettes et les pulvérisateurs aux couples les plus jeunes et aux plus vieux. Il en était de même aux intrants et équipements agricoles donnés par le président du Sénat et par le ministre de l’Habitat et du développement urbain, par l’entremise d’Eric Niat, 4e adjoint au maire de Bangangté.

Des hommes qui témoignent !

Pour ce qui est de la phase protocolaire, l’on a surtout suivi avec beaucoup d’intérêt et d’attention, le discours du Préfet Oumarou Haman Wabi. La voix la plus autorisée du département s’est érigée en avocat des pouvoirs publics. Non par simple complaisance ou par pure flagornerie. Mais par ce qui se sent, qui se vit, par ce qui est factuel. L’autorité administrative a rappelé que le Gouvernement a orienté l’un ses axes politiques en faveur de la femme rurale. Celle qu’il a qualifiée de « seigneur de la houe », qui met à contribution son temps, son énergie, sa sagesse et son intelligence pour garantir la sécurité alimentaire de son pays. Selon lui, les décideurs restent à l’écoute de la femme rurale. D’ailleurs un plaidoyer est mené de manière constante et permanente en vue d’améliorer ses conditions. « Le Gouvernement valorise leur travail », a-t-il renseigné, non sans marteler que le Gouvernement porte toute son attention sur ce que celle-ci fait et propose. Le thème de la célébration de 2016 comme d’autres thèmes subséquents est d’ailleurs fort évocateur.

Yactchoua Tounoukeu Jérôme, maire de la Commune de Bazou « Notre constante préoccupation »

« La Commune de Bazou, fait de la promotion de la femme, l’une des principales priorités de son programme. Ce partenariat actif et cette communion avec les populations de notre commune, s’illustrent à travers l’aménagement des routes et des pistes de collecte, l’organisation et la célébration des mariages collectifs en vue de garantir le statut juridique des femmes et réduire l’union libre, les contributions multiformes à l’organisation des fêtes et journées dédiées à la femme, la redynamisation des activités du programme d’hygiène et

salubrité, pour qu’un corps sain vive dans un village sain, une ville saine dans un environnement sain. La femme rurale de Bazou fait face quotidiennement à de nombreux obstacles dans l’exercice de ses activités parmi lesquelles, l’accès à la propriété foncière, à l’éducation, aux intrants agricoles, aux crédits bancaires, mais qui restent notre constance préoccupation ».SM Tchoua Kemajou Vincent, chef traditionnel des Bazou « Elles doivent participer à l’élaboration des lois »

« Les femmes rurales méritent d’être reconnues, encouragées et célébrées. Nous devons évaluer et renforcer leurs possibilités à faire valoir leurs droits. Elles ont droit aux terres pour être plus productives. Elles ont droit de jouer des rôles décisionnels, dans des différentes structures locales, d’exprimer librement leurs choix et de saisir les mêmes opportunités qui s’offrent le plus souvent au sexe opposé. Elles doivent participer à l’élaboration des lois, des politiques et des programmes en cours dans leurs localités respectives. En plus, très souvent reposent sur leurs frêles épaules, toutes les charges de l’alimentation de la famille, la scolarisation des enfants, la protection et la sécurité familiale. Toutes raisons qui force note admiration et notre reconnaissance »