Cameroun – Yaoundé: La traque aux véhicules «clandos» est lancée

L’opération débutée hier dans les artères de la ville fait suite à l’annonce d’une grève par les syndicats des transports.

Hier matin, les travailleurs et élèves ont du affronter des bouchons inhabituels. Les embouteillages étaient perceptibles dans toutes les artères de la ville de Yaoundé. Sur les axes routiers tels que Mvog-Mbi, Atangana-Mballa, Coron, Poste centrale, il était impossible pour les véhicules de circuler. Certains usagers ont préféré sortir du taxi les transportant pour vite rallier leurs lieux de service à pieds. Question d’arriver à temps au bureau. On pouvait voir des chauffeurs de taxi laisser leurs passagers à mi-chemin pour changer de destination. Une situation qui a d’ailleurs provoqué des disputes entre un taximan et une usagère au carrefour Nkoldongo : «Je ne paye pas, car je ne suis pas arrivée à destination», hurlait la dame qui a finalement eu gain de cause.
Les embouteillages dans la ville sont dus aux contrôles effectués par les agents de police. La mission de ce jour a consisté pour les forces

de l’ordre à traquer les chauffeurs de taxis qui ne se conforment pas à la règlementation en vigueur, ainsi que les transporteurs clandestins, communément appelés «clandos». L’objectif étant d’obliger les «clandos» à se mettre en règle. Ces derniers, utilisent des véhicules personnels pour transporter des clients moyennant une somme d’argent. Bref, ils jouent le même rôle que les taximen, sauf qu’ils ne payent pas les taxes et autres papiers exigés aux chauffeurs de taxi. La traque des «clandos» est d’ailleurs appréciée au sein des coopératives des transporteurs. «C’est d’ailleurs une bonne chose. Nous ne pouvons pas prendre la peine de nous conformer au niveau des taxes et impôts et ne pas jouir de notre métier. La clientèle est faite pour les véhicules taxi et non pour les personnels. Nous sommes fatigués de discuter la clientèle avec ces clandestins», affirme Pascal Atangana, taximan.

Carburant
Selon les agents de police affectés au contrôle, «cette mission a été instaurée pour mettre fin au désordre des transporteurs sur les routes, à savoir le retrait de la circulation des chauffeurs «malins» circulant avec des badges arrivés à expiration, ainsi que ceux qui ne respectent pas leur statut sur la route». Une circonstance qui a obligé plusieurs véhicules jaunes à se garer aux heures de «pointe» matinale, au risque d’être sanctionnés. En ce qui concerne les chauffeurs clandestins, il est désormais interdit pour ces derniers de stationner sur les points des taxis aménagés pour la recherche de la clientèle. Une mesure que les piétons devront également respecter. Toutefois, cette opération coup de poing était déjà terminée à 12 heures. Ces mesures font suite à une correspondance adressée à Philemon Yang le 27 octobre dernier par l’ensemble des syndicats, portant sur l’annonce d’une grève le 16 novembre prochain pour revendiquer «la baisse du prix du carburant à la pompe et la lutte contre le transport clandestin».