Cameroun – Vie postpénale: La resocialisation des anciens prisonniers préoccupe

Crée à l’Est, l’Association des amis solidaires pour la prévention des infractions et de la récidive carcérale ambitionne d’étendre ses activités dans les 58 départements du Cameroun.

D’après les fondateurs de l’Association des amis solidaires pour la prévention des infractions et de la récidive carcérale (Aspirca), même si certains détenus aiment bien retourner en prison, certains y sortent et reviennent quelques jours après, non pas parce qu’ils l’ont voulu, mais parce qu’ils n’ont pas été accueillis par la société, suite aux multiples discriminations administratives, judiciaires, économiques et la méfiance générale dont ils sont victimes.
C’est fort de ce constat que lesdits membres fondateurs ont puisé l’inspiration pour mettre sur pied leur association, dans la région de l’Est au mois de juillet 2015. Selon ses statuts légalisés par Iréné Galim Ngong, préfet de Lom et Djerem, « la privation de liberté est déjà une forme de punition que la société inflige au fautif. Cependant, elle n’est pas que sanction. Elle protège la vie du prisonnier réellement coupable des griffes de ceux qui ont subi des préjudices, et permet

de stabiliser la paix dans le pays. Et bien plus encore, la prison devrait permettre à tout détenu, grâce aux missions de l’administration pénitentiaire, d’être des hommes nouveaux à la sortie, d’être resocialisé, et dont d’être même apte à trouver un emploi». Malheureusement, le constat de cette association est le contraire. « Les structures de la quasi-totalité des prisons camerounaises n’offrent plus aux détenus l’environnement sain et sécurisant auquel ils devraient prétendre ».
Même si « les efforts du gouvernement de la République sont devenus constants et orientés vers la mise en œuvre d’une nouvelle politique pénitentiaire et la modernisation du système carcéral », il demeure que « l’évolution de la criminalité au Cameroun, conséquence de la  surpopulation carcérale croissante, la vétusté et la promiscuité des locaux, la quasi-inexistence ou l’insuffisance des infrastructures socioculturelles et éducatives, demeurent une réalité dans nos prisons camerounaises. Tout ceci apparaît comme un plomb logé dans les ailes de l’administration pénitentiaire, avec pour conséquence immédiate l’absence de mécanisme réel de resocialisation, qui  rendra difficile la baisse sensible de la récidive carcérale ». Créée le 18 juillet dernier avec l’ambition d’étendre ses activités sur le territoire national, l’Aspirca  a pour ambitions d’accueillir, d’héberger, de sensibiliser, de former, d’accompagner ses élèves et stagiaires, dans la limite de ses moyens disponibles, jusqu’à l’acquisition par ces derniers de leur autonomie financière, afin de devenir des citoyens honnêtes, responsables et respectueux du contrat social.
A ce titre, elle a entre autres  objectifs, la resocialisation des ex-détenus, la resocialisation des enfants de la rue, la défense des droits des détenus et des enfants. Les membres de l’Aspirca se recrutent parmi les hommes de l’église de Bertoua, certains pasteurs des églises adventiste et protestante, des jeunes qualifiés sans emploi et des ex-prisonniers. L’Aspirca travaille avec l’expertise des fonctionnaires retraités de l’administration pénitentiaire et des Affaires sociales, pour réfléchir sur cette question préoccupante de l’heure. Rappelons qu’au cours du conseil de cabinet du vendredi 28 août 2015, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Laurent Esso, a annoncé la signature d’une convention avec l’Union européenne, pour un montant de 6 milliards de Fcfa afin d’améliorer le cadre de vie des détenus au Cameroun. Et pour la première fois, une partie de cette somme servira à la resocialisation des anciens prisonniers.