Cameroun: vers l’élaboration d’un plan pour réduire les inondation

Le sujet sera au centre d’un forum sur la gestion des déchets, une des tares de la société camerounaise qui favorise les inondations avec des conséquences graves dans certaines localités

 

Pour la première fois, un forum sur la gestion des déchets sera organisé bientôt au Cameroun en vue de l’élaboration d’un plan visant à réduire les inondations, une des principales causes de mortalité due aux catastrophes naturelles avec les accidents de la route, annoncent des sources administratives.

Du 13 au 15 octobre, la direction de la protection civile du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a organisé une campagne d’information et de sensibilisation sur les risques de catastrophes en mettant l’accent sur les inondations, pour marquer l’édition 2016 de la Journée internationale de prévention des catastrophes.

Au menu de cette manifestation présidée par le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Jules Doret Ndongo, des causeries éducatives avec des jeunes scolarisés et une campagne d’assainissement public à Douala, la métropole économique camerounaise connue pour être une des zones du pays les plus touchées par les risques d’inondations.

“Nous avons focalisé l’attention sur les inondations, parce que c’est une question préoccupante. Il ne se passe pas cinq mois sans qu’on parle d’inondations dans la partie septentrionale ou dans la partie littorale, notamment dans le département du Wouri”, a souligné à Xinhua Mariatou Yap, directrice de la protection civile, au lendemain de cette célébration.

Ce sont pour la plupart des événements douloureux, aux conséquences sociales et économiques en raison du nombre parfois important de pertes en vies humaines et de dégâts matériels enregistrés.

A Maképè-Missokè, un quartier de la ville de Douala touché récemment par des inondations meurtrières, les responsables de la direction de la protection civile affirment avoir constaté “un tableau noir” lors de leur visite de terrain à l’occasion de la Journée internationale de prévention des catastrophes, le 15 octobre.

“Quand vous descendez dans cette zone, vous vous demandez si c’est des hommes qui vivent là-bas ou si c’est des bêtes. Vous avez des gens qui ont occupé les drains, alors qui ont des maisons dans les drains, occupant ainsi les passages des eaux. Naturellement l’eau qui est un produit naturel va chercher son passage ailleurs, va se retrouver dans les maisons”, déplore Mme Yap.

“Ici chez nous, explique-t-elle, les gens viennent trouver l’eau dans son lit. Alors vous imaginez d’autres conséquences de ce genre de comportement, c’est les épidémies, les épidémies de choléra et d’autres maladies hydriques. Quand nous enregistrons des morts comme ça, on va dire que c’est des catastrophes d’origine sanitaire. Mais en fait la cause première, c’est les inondations.”

 

En cause, l’incivisme de la population mais aussi le laxisme des pouvoirs publics qui semblent assister comme en spectateurs eux-mêmes à une réalité pourtant pathétique.

Depuis des années, les autorités municipales de Yaoundé ont entrepris la réalisation d’un projet de recalibrage du lit du Mfoundi, une rivière qui coule au cœur de cette ville, dans le but de juguler les inondations qui pendant la saison des pluies plongeaient régulièrement le centre dans les pieds dans l’eau.

Mais à part surtout les quartiers résidentiels et le centre-ville qui abrite l’essentiel des bâtiments administratifs, la capitale camerounaise baigne dans l’insalubrité, faute d’un véritable programme d’assainissement.

Pour tenter d’examiner des pistes de solution, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation à travers sa direction de la protection civile a réuni des agents dits de production des déchets et ceux chargés de leur traitement pour une session de discussions qui a reconnu la nécessité d’organiser un forum national sur la gestion des déchets.

Pour Mariatou Yap, “quelque part on a l’impression que les producteurs de déchets ne se préoccupent pas de ce que deviennent leurs déchets et ceux qui sont appelés à traiter les déchets sont un peu dépassés”.

Les participants à la réunion de Douala se sont aussi accordés pour que “les pouvoirs publics engagent des actions visant à détruire tous ceux qui occupent les emprises des drains des cours d’eau et qui provoquent ainsi des inondations parfois meurtrières”.

D’après les analyses, ces sinistres représentent un facteur d’aggravation de la pauvreté, qui frappe près de la moitié des Camerounais (environ 40%), la plus grande partie d’entre eux se trouvant dans les régions septentrionales, dont surtout l’Extrême-Nord, où aux inondations succède généralement la sécheresse.