Cameroun : Vacances sans sida , une édition « high-tech »

Avec son thème sur la jeunesse « androïde », la campagne 2017 lancée le 4 août dernier à Yaoundé veut atteindre 700 000 jeunes notamment par les réseaux sociaux.

Les nouvelles technologies impliquées dans la campagne « Vacances sans sida ». Le 4 août dernier, s’ouvrait sa 15eédition avec pour thème : « Génération androïde, cliquons sur le dépistage du VIH ». L’objectif 2017 a été clairement affiché vendredi dernier au siège de Synergies africaines contre le sida et les souffrances à Yaoundé : les réseaux sociaux seront grandement mis à contribution pendant les deux prochaines semaines. Cette méthode vient combler le vide soulevé par le rapport de l’évaluation du Plan stratégique national de lutte contre le sida 2014-2017, selon lequel cette sphère de la Toile n’est pas vraiment utilisée pour approcher les jeunes.

Le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, a pourtant rappelé que la familiarisation de la jeunesse aux appareils dernier cri est une aubaine à exploiter. « Une enquête du Centre international de référence Chantal Biya pour la recherche sur la prévention et la prise en charge du VIH/sida (CIRCB), a révélé que 90% des jeunes interviewés entre 15 et 24 ans possèdent un téléphone portable et que plus de 71% ont eu accès à Internet au cours des 30 derniers jours de l’étude et sont membres actifs des groupes des réseaux sociaux. Par un simple clic, vous pouvez être interactifs avec d’autres et leur expliquer l’avantage de connaître tôt son statut sérologique », a déclaré André Mama Fouda qui présidait la cérémonie de lancement. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement et de Jean Stéphane Biatcha, secrétaire exécutif de Synergies africaines.

Le Minsanté a encouragé les près de 650 pairs éducateurs à se servir des moyens technologiques pour promouvoir le dépistage volontaire. L’opération « Vacances sans sida », créée en 2003 par la première dame, Mme Chantal Biya, présidente fondatrice de Synergies africaines, ambassadrice spéciale de l’Onusida, vise plus haut tous les ans. Et le défi des 20 unités mobiles mises en place dans les régions (en plus de deux permanentes à Yaoundé) pour cette 15e édition, est de faire mieux que les 36 359 jeunes dépistés l’an dernier. Leurs cibles : 50 000 jeunes à dépister en 2017.

Selon Jean Serge Ndongo, expert à Synergies africaines, «  700 000 jeunes scolaires, universitaires et sans emploi sont ciblés », contre 600 000 en 2016. A cet effet 150 pairs éducateurs supplémentaires, ainsi que des unités de dépistage additionnelles sont mis à disposition pour des causeries éducatives sur le VIH, les IST et des incitations aux comportements responsables. 100 000 kits de dépistage, entre autres matériels, ont été rendus disponibles par le Comité national de lutte contre le sida (CNLS) sur le territoire national, l’un des fidèles partenaires de « Vacances sans sida ».

Ils ont dit…

Jean Stéphane Biatcha: « Nous souhaitons encore améliorer la prise de conscience »

Secrétaire exécutif de Synergies africaines contre le sida et les souffrances.

« Vacances sans sida est à sa 15e édition, et je pense que tout le mérite revient à la première dame. Ce qu’elle promet, elle le tient. L’accent, comme toujours, est porté sur les jeunes et notamment sur les jeunes filles, qui sont les plus exposées. C’est un programme qui continue, et c’est une symbolique très forte. Ce que nous souhaitons voir opérer encore cette année, c’est l’amélioration de la prise de conscience. La stratégie cette année est de mettre à contribution les réseaux sociaux. Et dans les zones reculées où les technologies ne sont pas accessibles, la sensibilisation verbale va continuer. Les pairs éducateurs seront invités à parler avec eux au cours de causeries ».

Marie Lidaï: « Je veux vraiment aider les jeunes filles »

Pair éducateur.

« Je suis originaire de l’Extrême-Nord, mais je vais participer à la sensibilisation dans la ville de Yaoundé. Les filles sont les plus touchées par le VIH. Elles font trop souvent confiance à leurs petits copains, et n’exigent pas la protection au moment des rapports. Je suis heureuse que cette campagne se consacre en majeure partie à elles. Je veux les inciter à se faire dépister et tenter de convaincre celles qui seront réticentes. C’est ma première participation. Je veux vraiment aider les jeunes filles ».

Christelle Foteu: « Je dois donner des conseils utiles »

Pair éducateur.

« Pour aborder cette sensibilisation, je veux accentuer mon message sur le port du préservatif. Pas seulement concernant les garçons, mais aussi les filles. Je dois donner des conseils utiles pour chaque personne à rencontrer durant cette campagne. Si jamais je croise des personnes déjà malades, je vais leur dire de ne pas se décourager, car le sida est une maladie qui peut se traiter. Je vais les encourager à prendre les antirétroviraux, à ne pas s’isoler, mais à continuer leur vie malgré tout. J’aimerais apporter ma contribution à la lutte contre ce fléau qu’est le sida ».