Cameroun – Université de Yaoundé I :La mise au point de Maurice Aurelien Sosso

Le recteur donne les raisons du paiement de la carte universitaire et botte en touche les réclamations de l’Addec.

Dans un communiqué radio-presse daté du 17 novembre, le recteur de l’Université de Yaoundé I, Maurice Aurélien Sosso, fait en six points une mise au point sur les réclamations de l’Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec).

En s’appuyant sur le décret du 19 janvier 1993 signé du président de la République, le recteur confirme les frais universitaires au taux de 50.000 Fcfa pour les étudiants de nationalité camerounaise. La carte d’étudiant à 2000 Fcfa relève du coût de la photo qu’on y appose, coût appliqué à la photo minute dans la ville de Yaoundé et devant être supporté par l’étudiant. En outre, selon le communiqué du recteur, ce coût de la carte est supporté aux deux tiers par l’université, car « dans le cadre de son processus de modernisation, l’Université de Yaoundé I a opté pour l’utilisation des cartes biométriques qui offrent de nombreux services intellectuels et sociaux à ses étudiants. Le coût de la carte est de 6000 francs, conjointement supportés par l’établissement d’origine de l’étudiant et les services centraux du rectorat », confirme le communiqué. La carte biométrique en question ouvre en outre les portes de la communication internationale à l’étudiant au travers de la consultation des bibliothèques numériques, de même qu’elle constitue un porte-monnaie électronique. Autant de bonnes actions qui, au sens des autorités universitaires, ne visent qu’une seule chose, le bien-être de l’étudiant.

Réclamations

L’Addec ne l’entend pas de cette oreille. Thierry Batoum son président, s’appuyant lui aussi sur le même décret de 1993, estime que les articles 2 (nouveau) et 4 sont clairs. Au-delà des 50.000 Fcfa, il ne peut y avoir d’autres frais supplémentaires à débourser par l’étudiant. Les réclamations et correspondances adressées à cet effet à l’endroit de la hiérarchie ont abouti à l’organisation planifiée de la contestation du 16 novembre qui a conduit à son arrestation et son incarcération, dans les cellules du commissariat du 5èmearrondissement de la ville de Yaoundé. Il y a d’ailleurs reçu hier, la visite de Mme Npongo de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés.

L’interprétation des textes régissant le fonctionnement des universités d’Etat au Cameroun sème donc la discorde. En attendant, le président de l’Addec devra répondre de ses actes devant les juridictions, lui qui a déjà été suspendu durant une année académique par le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup). Le recteur Maurice Sosso, quant à lui, lance un appel au calme et à la sérénité au sein du campus.