Cameroun: un notaire devant la justice pour “outrage au chef de l’État”

Me Harissou, le notaire de l’ancien secrétaire général de la présidence de la République Marafa Hamidou Yaya, était au tribunal militaire mercredi, 15 juin 2016

 

Au Cameroun, Me Harissou, le notaire de l’ancien secrétaire général de la présidence de la République, Marafa Hamidou Yaya, était au tribunal militaire mercredi, 15 juin 2016. Il a été interpellé il y a deux ans et poursuivi pour des faits d’atteinte à la sécurité de l’Etat et d’outrage au président de la République.

Arrêté en septembre 2014 et depuis placé en détention à la prison principale de Yaoundé, maître Harissou, de l’aveu même de son conseil, est poursuivi pour des faits graves : « On lui reproche d’avoir essayé de renverser les institutions, complicité de détention et de port illégal d’armes à feu, complicité d’assassinat, outrage au président de la République… », explique son avocat.

 

Au Cameroun, Me Harissou était au tribunal militaire ce mercredi.

Maître Harissou est du reste réputé proche de Marafa Hamidou Yaya. Cet ancien baron du régime purge lui-même une lourde peine d’emprisonnement ferme de vingt ans pour des indélicatesses de gestion. Ses liens de proximité entre l’homme politique et le notaire ont laissé prospérer des thèses de complot avec l’entrée en scène projetée de rebelles venus du Tchad voisin : « Il ne suffit pas d’évoquer des rebelles tchadiens. Tout le monde peut bien dire qu’il y a des rebelles, mais il s’agit desquels ? Ont-ils été appréhendés ? Ont-ils été entendus ? Y a-t-il eu des témoins et autres ? Donc voilà le problème de ce dossier ».

Trois journalistes sont co-accusés dans ce procès. Il leur est reproché de n’avoir pas dénoncé des faits se rapportant à cette affaire et dont ils avaient pris connaissance. Un motif également porté à l’encontre d’Ahmed Abba, correspondant en langue haoussa de RFI, dans une autre affaire. Il est poursuivi devant la même juridiction pour, entre autres, non-dénonciation d’actes de terrorisme.