Cameroun: Un conseil de discipline avorte à la Commune de Dschang

Les accusations portées contre les 19 agents traduits sont tellement graves qu’elles pourraient conduire certains en prison.

La salle de réunion du service technique de la commune de Dschang, dans la Menoua, devait abriter le mercredi 30 novembre 2016, à partir de 9h30, un conseil de discipline. La séance a été reportée à cause de l’absence du maire. Dans la fièvre de l’attente, la température est montée, au point où des agents communaux ont bagarré. 237online.com La police est venue interpeller certains, dont des gens qui contestaient les motifs de leur convocation devant l’instance de jugement interne ou en voulaient à leurs supérieurs hiérarchiques. Selon une note du maire qui reste affichée à l’entrée de l’hôtel de ville en cours de réfection, les 19 agents contractuels, décisionnaires et temporaires en service dans ladite municipalité devaient comparaître devant un conseil de discipline mis en place pour la circonstance. Elle est constituée du maire et de ses quatre adjoints, du représentant du préfet de la Menoua, de l’Inspecteur du

travail, du secrétaire général de la mairie, du chef de service du personnel, d’un représentant des délégués du personnel et de quatre conseillers municipaux. Les accusations qui pèsent sur les accusés sont tellement lourdes que les observateurs subodorent des sanctions graves pour ces agents. Devant le conseil de discipline, les convoqués ont à répondre des chefs d’accusation d’usurpation de titre, vol aux heures indues, sabotage des données numériques, détournement du dossier disciplinaire du personnel, sabotage de l’action communale, insubordination et menace de mort, escroquerie des usagers, corruption, détournement des biens publics, réseau d’escroquerie, menaces et voie des faits envers un supérieur hiérarchique, faux et usage de faux, vol et abus de confiance, etc. Le comportement de quelques uns dans l’attente du jugement indique à quel point la désinvolture et d’autres maux du genre habite la mairie. Au vu de la gravité de la situation, certains auraient dû se faire assister par un avocat. Mais ils n’y pensent pas. « C’est la conséquence du mauvais climat gouvernant qui a régné dans la maison. Certains agents font à la tête », commente une source anonyme à l’intérieur de la commune. En effet, poursuit-il, « si les faits reprochés aux uns et aux autres sont avérés et que le conseil de discipline statue normalement, certains pourraient atterrir en prison, d’autres perdront assurément leur emploi ». Dans les couloirs, on rapporte que l’absentéisme, la violence, l’insubordination, l’arrogance, les injures, le vol notamment du carburant dans les réservoirs des engins, le laxisme et l’incompétence sont des maux ancrés dans cette commune.