Cameroun: Un benskinneur pendu dans sa cellule à la brigade de Foumbot

Fita Abenegoh âgé de 25 ans, détenu à la brigade de gendarmerie de Foumbot, a été retrouvé mort par pendaison dans sa cellule.

Les parents du défunt suspectent les éléments de la Brigade pour le meurtre de leur enfant et saisissent les juridictions compétentes.
C’est une affaire qui fait couler beaucoup d’encre et de salive dans l’arrondissement de Foumbot actuellement. Cet arrondissement depuis un certain temps devenu le creuset de l’insécurité vient de connaître à nouveau un autre drame, la mort tragique du jeune Abenegoh, 25 ans, et benskineur dans la même ville. Les commentaires fusent de partout sur sa supposé pendaison à l’intérieur de la cellule de la Brigade de gendarmerie de Foumbot et le silence complice des responsables de cette unité inquiète les parents du défunt qui vont décider de porter plainte contre inconnu pour meurtre. Pour eux, Abenegoh ne s’est pas donné la mort. Il aurait été tout simplement précipité par les gendarmes pour des raisons jusque là non élucidées. Dans la plainte déposée auprès du procureur de la République, le père de la victime fait remarquer qu’il a été au courant de l’arrestation de son fils juste au moment où un gendarme atterrit dans son champ à une vingtaine de kilomètres de la ville, lui demandant de le suivre à la gendarmerie. ” Quand j’arrive à la Brigade, un gendarme m’accueille avec une interrogation très musclée(…) Après il sort un document qu’il me dit de signer. Quand je signe il ouvre la cellule et je vois mon fils pendu avec une ceinture “, se confie Sahyi Abraham dans sa déclaration officielle, avant d’ajouter : ” A l’intérieur de la cellule il n’ya pas de chaise ou un banc pour monter dessus avant de se pendre. Tous les habits étaient sur lui, sauf le démembré qui faisait foi de ceinture de pendaison “. Une vraie cacophonie qui suscite beaucoup d’interrogation sur la mort de ce jeune-homme dont le corps a été transporté manu militari à la morgue de l’hôpital de district de Foumban dans un silence lugubre, et le père de la victime déclare avoir été menacé parce que refusant de coopérer. Aucune autorité de la ville en dehors des éléments de la Brigade de gendarmerie de Foumbot n’ait intervenu. Ont-elles été informées de cette situation ? Difficile de répondre à l’heure de vérité. Ce que l’on sait c’est que tout s’est passé comme dans un film d’horreur entre le père du défunt et les brigadiers de Foumbot.

Pourtant devant une telle situation, les autorités de la ville devraient être saisies pour le constat avant que le corps ne soit transporté. ” J’ai été conduit par force pour Foumban. A la morgue on m’a demandé l’argent pour laisser le corps. Ce sont les gendarmes qui ont donné. Au retour ils m’ont demandé de venir prendre l’argent pour le cercueil et faire le deuil, j’ai refusé de m’y rendre “, explique le père qui dit ne rien comprendre jusqu’à présent sur les mobiles de la détention de son fils. Cependant, les rumeurs font état de ce que Abenegoh était soupçonné d’entretenir des relations avec l’épouse de son voisin, ce qui va le conduire à la Brigade pour adultère. Les mêmes sources nous ont confié qu’il aurait versé 25.000Fcfa pour obtenir sa liberté et sera malheureusement convoqué à nouveau le lendemain où il sera placé à vue. Il va y rester jusqu’à ce Jeudi, 10 Septembre 2015 où il trouve la mort au fond de sa cellule.
La légèreté de la gendarmerie est mise à nue dans cette affaire qui traduit le non respect de la procédure pénale. Aucune plainte apprend-on, n’a été déposée contre Abenegoh pour adultère et pis, il n’a pas été entendu sur procès verbal avant d’être enfermé. www.237online.com Véritable démission de l’Etat de droit qui est la preuve par 9 de la gangrène qui mine les lieux de détention au Cameroun. Le seul procès verbal enregistré jusqu’ici à la brigade de Foumbot reste l’interrogatoire de son papa après son décès. Or, dans des pareilles circonstances, il avait fallu que le plaignant ait surpris son bourreau en flagrant d’élit avec son épouse et alerter les témoins. Même s’il est établi que la mise en cellule de ce dernier est en rapport avec son cache-cache avec la femme de son voisin, on se demande bien ce qui a pu le tuer en cellule.
Autant de préoccupations qui ne pourraient trouver réponses qu’auprès des juridictions compétentes où se trouve ce dossier actuellement. En attendant d’y voir clair, le corps de Fita Abenegoh reste gardé à la morgue de Foumban. Affaire à suivre !