Cameroun – Tribunal militaire: Trois gendarmes poursuivis pour meurtre

Ils comparaissent au sujet du décès de François Etoundi, survenu en 2013. La victime est décédée alors qu’elle était en garde à vue à la brigade de Nkolbisson à Yaoundé.

Les causes du décès de François Etoundi, commerçant au quartier Oyomabang à Yaoundé sont déjà connues. Ce quadragénaire est décédé dans la nuit du 18 au 19 février 2013 dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Nkolbisson, de: « mort violente par traumatisme crânien ». C’est ce que précise le rapport d’autopsie ordonné par le tribunal militaire de Yaoundé pour voir clair sur ce décès. C’est à base de ce rapport d’autopsie que le commissaire du gouvernement a requis lors de l’audience du 5 octobre dernierau tribunal militaire la culpabilité des trois gendarmes pour les faits de meurtre et complicité de meurtre qui leur sont reprochés. Les trois accusés étaient de service dans cette unité au moment du décès de François Etoundi. 237online.com Lors de l’audience tenue le 5 octobre 2016, seul le gendarme major Alain Selma Selma était devant le box des accusés. Ses deux autres collègues,

l’adjudant Ousmanou et un certain André Génère, étaient absents. Selon le ministère public, ces deux accusés ne se sont jamais présentés devant la barre depuis l’ouverture du procès.Pour le commissaire du gouvernement : « Le tribunal doit également constater l’absence des deux accusés devant la barre avant de tirer toutes les conséquences. François Etoundi a été interpellé et conduit à la brigade. Il ne présentait aucun signe de maladie pendant son interpellation. Il meurt quelques heures après, cela veut dire qu’il a subi des violences physiques comme le rapport du spécialiste l’indique ».Après ces du commissaire du gouvernement, l’unique accusé présent devant la barre a été invité au box pour qu’il présente sa défense.

Litige foncier
Selon les déclarations du major Alain Selma Selma, cette affaire a commencé par une bagarre le 18 février 2013 au marché Oyomobang, qui a opposé François Etoundi à un certain Cédric Simo. Le premier était propriétaire de boutiques à Oyomabang, le second avait l’habitude d’installer sa marchandise devant les boutiques de la victime. C’est l’occupation de cet espace qui est à l’origine de la bagarre entre les deux hommes. Lorsqu’elle éclate Cédric Simo va faire appel à son papa, un chef de bataillon à la retraite. C’est ce chef de bataillon qui, à son tour, va alerter la brigade de Nkolbisson qui va se déployer sur les lieux. Le major Alain Selma Selma explique : « Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, nous avons trouvé une foule immense tenant deux individus. C’était François Etoundi et Cédric Simo. Nous les avons mis dans un taxi et nous sommes allés les auditionner à la brigade_. Nous avons placé François Etoundi en garde –à vue vers 18h. A 3h, mon collègue m’informe que le gardé à vue faisait un malaise, j’ai informé le chef de l’unité qui m’a demandé que le malade soit conduit aux urgences de l’hôpital central ». Quinze minutes après leur arrivée aux urgences de l’hôpital central, poursuit l’accusé, ils ont été informés du décès de François Etoundi. Le corps de la victime avait été conduit à la morgue en l’absence de sa famille. François Atangana qui était le commandant de brigade de Nkolbisson à cette époque et Ernest Simo le chef de bataillon à la retraite qui avait fait appel à la gendarmerie pour intervenir, ne comparaissent pas dans cette affaire, qui sera en délibéré le 18 octobre prochain. Au sujet de la condamnation des trois accusés, le commissaire du gouvernement demande l’application de l’article 275 du code pénal, qui stipule : « est puni de l’emprisonnement à vie celui qui cause la mort d’autrui ».