Cameroun – Tourisme: Endom, un rêve de sable sonnant et trébuchant

La commune rurale, située à 150km de Yaoundé, connaît depuis quelques années une certaine embellie physionomique grâce à des projets structurants.

Marché communal d’Endom, il est 10h ce 29 août 2015. C’est samedi, le jour du grand marché. Le lieu est en pleine ébullition, envahi par des clients et des commerçants. Les vendeurs, pour la plupart des femmes âgées, vantent à grands cris ce qui leur reste de bâtons de manioc, de macabo, de banane plantain ou encore de maïs. A une centaine de mètres de cette place en plein air, des enceintes acoustiques déversent leurs décibels de musique urbaine. C’est «le Sénat», le débit de boisson le plus couru de la ville depuis quelques semaines. Il n’aura que la journée pour réaliser sa recette : avec les récents attentats terroristes survenus dans la région de l’Extrême-Nord, les bars et autres commerces de la ville doivent fermer dès 22h au plus tard. Un énorme préjudice financier, selon plusieurs commerçants.
Au sommet d’une colline, trône le nouvel édifice qui abrite le siège de la mairie. Sa réhabilitation aurait coûté la bagatelle somme de 50 millions FCfa au Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunal (Feicom). «C’est, à mon avis, le bâtiment le plus beau de la ville», analyse Romuald Ekotto, habitant d’un village voisin de passage. Le lieu est d’autant plus attrayant qu’il regroupe, dans un environnement verdoyant, le siège de la maison de la culture rétrocédé à l’Etat en février 2015, la radio communale dont le chantier est en cours d’achèvement et un télécentre communautaire polyvalent flambant neuf. «Au moins avec ces bâtisses, Endom a vraiment fière allure. On reconnaît là les efforts du maire et d’autres élites», se satisfait un résident.

Endom, avant 1965, année de son érection en circonscription administrative, n’était qu’une concentration de cacaoyères et de cultures vivrières. Elle est née, selon les sources concordantes, de la volonté des pouvoirs publics de départager les localités d’Edjom et d’Ekoudou, qui se battaient alors pour abriter le chef-lieu de la nouvelle unité administrative. Le gouvernement a ainsi préféré un lieu neutre, situé à équidistance entre les deux rivales. Après son érection en district, en 1965, l’unité administrative sera transformée en arrondissement en 1981 alors qu’elle disposait déjà d’une commune depuis 1977.

Projets
Le rêve, selon le maire Didier Ondoua Ondoua, est de faire émerger la commune d’Endom à travers un certain nombre de projets déjà mis sur pied par la municipalité, le plus important d’entre eux restant sans doute le complexe d’exploitation de sable de Nkolse, situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville. Le projet a déjà été validé par le comité technique du Feicom, et le maire voit déjà son impact à venir : «Il va considérablement booster nos recettes. Nous envisageons d’acheter une foreuse de sable d’une capacité de 126m3/h. Avec ça, nous aurons suffisamment d’argent pour engager des chantiers de salles de classe, de routes, etc.» Ledit chantier, apprend-on, devrait permettre la création d’une vingtaine d’emplois directs et une soixantaine indirects.
Parmi les projets envisagés, et en dehors de la chambre froide qu’attend le marché d’Endom, figure la construction de marchés dans les localités voisines d’Edjom, de Mengbwa, de Nkoambang, de Mebomo et de Ndambene. Ces villages bénéficieront également de puits à motricité humaine et de blocs-latrines. Endom vient d’être désignée parmi les 13 communes pilotes du programme gouvernemental du renouvellement de la culture d’hévéa. Face aux problèmes d’électrification rurale, encore importants et aux délestages qui s’y sont associés, le maire dit compter sur la mise en service imminente du barrage de Mekin, en construction dans le département du Dja-et-Lobo voisin.
Carte postale
Afin de mener à bien tous ces projets, le maire Didier Ondoua Ondoua voudrait pouvoir compter sur le projet de bitumage du tronçon Akonolinga-Endom-Obout, inscrit dans le budget d’investissement public (BIP) 2015 et qui permettra de désenclaver son unité : pour se rendre dans cette localité de plus de 65.000 habitants, c’est une route cahoteuse en terre qu’il faut emprunter à partir de la ville voisine d’Akonolinga. Ici, les véhicules dédiés au transport public sont pour la plupart dans un état de délabrement avancé, les moto-taxis étant les moyens de locomotion des plus développés pour desservir les villages les plus reculés de la commune, dont une bonne partie des 331km de routes a été réhabilitée voici peu.
La commune d’Endom reste davantage connue pour ses élites, dont l’une des plus emblématiques reste sans doute Jeanne Irène Biya, l’ex-première dame décédée le 29 juillet 1992. Depuis sa disparition, d’autres personnalités ont émergé à l’instar de l’actuel ministre des Transports, Robert Nkili ou encore les footballeurs Jean Paul Akono, Timothée Atouba Essama et les frères Assou Ekotto. Endom regorge également de nombreux atouts touristiques à l’instar des mythiques monts Mbal à Nko’oveng, village situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville, de Nkolmeyele, dans la localité de Zanda ou encore des chutes du Nyong à Nkol Maka.
Georges Etémé (Stg) à Endom

Repères
Nom de la commune : Endom
Date de création : 29 juin 1977
Statut : arrondissement
Maire : Didier Ondoua Ondoua
Adjoints : Benjamin Atobo, Jeannette Minlo
Nombre de conseillers municipaux : 25
Sous-préfet : Tom Liken
Budget de l’exercice 2015 : 801 millions FCfa
Communes limitrophes : Akonolinga (nord), Bengbis (est), Nkolmetet (ouest), Meyomessala (sud-est), Dzeng (sud-ouest), Zoétélé (sud).
Superficie : 1400km2
Population : 65.108 (selon le recensement général de la population 2006)
Groupe ethnique : beti
Principaux clans : mbida mbani, maka-sud et essankom
Département : Nyong et Mfoumou
Partenaires : Feicom, PNDP, Plan Cameroon
Groupes religieux : catholiques, protestants, musulmans
Parti politique représenté au conseil municipal : Rdpc
Activités économiques : agriculture, pisciculture, élevage, chasse
Education : 37 écoles primaires publiques, 5 écoles maternelles, 2 écoles privées confessionnelles, 1 école maternelle confessionnelle, 4 CES, 3 Cetic, 1 collège privé catholique, 2 lycées dont l’un technique, industriel et commercial et l’autre d’enseignement général
Sécurité publique : 1 brigade de gendarmerie à Endom, 1 poste de gendarmerie à Edjom, 2 postes de sécurité publique et de renseignements généraux à Endom