Cameroun – Terrorisme: Un prince de Mora accusé de complicité avec Boko Haram

Boukar Youssoufa a été interpellé à la suite du récent attentat ayant frappé le Chef-lieu du département du Mayo-Sava à l’Extrême-Nord.

L’attentat kamikaze survenu à Mora le 21 août 2016 a fait quatre morts et 26 blessés. Cette attaque terroriste aurait bénéficié des complicités internes, rapporte L’Œil du Sahel du 25 août 2016. Le journal renseigne que Boukar Youssoufa a ainsi été interpellé dans la nuit du 21 au 22 août par les éléments de la brigade de gendarmerie de la ville.

Plus connu sous le nom de Yerima Abba Youssoufa, ce membre de la famille du sultanat de Mora, chefferie de premier degré, est toujours en détention à la brigade de gendarmerie de Mora. «Le prince est soupçonné de complicité avec les terroristes de Boko Haram, qu’il aiderait à faire entrer ou transiter par Mora à destination de plusieurs autres localités. Selon nos informations, il a été arrêté en compagnie de quelques membres de Boko Haram à qui il voulait faciliter l’entrée dans la ville de Mora et leur donner le gîte».

Une source administrative à Mora confie: «À la veille de l’attentat de Mora, Boukar Youssoufa est passé me rencontrer pour me dire qu’il souhaitait faire la surveillance cette nuit-là. Son attitude inhabituelle a attiré mon attention d’autant plus que je ne comprenais rien de ce qu’il voulait réellement. En plus, il m’a demandé d’aider un monsieur qui voulait se rendre à Mubi au Nigeria, à se faire établir un laissez-passer. Le lendemain, l’attentat s’est produit. Sur la base de tout ceci et d’autres informations, il a été arrêté».

L’exploitation de Boukar Youssoufa aurait déjà débouché sur l’arrestation de plusieurs personnes, dont des femmes. Selon un membre de sa famille, «on nous a rapporté qu’il est complice des Boko Haram. Il les aide à faire le trafic entre Banki, Kolofata, Kourgui, Mubi, Mora, et même Maroua. Sa stratégie consiste à faciliter l’entrée de ces gens-là dans ces différentes localités. On nous a dit qu’il partait personnellement à Kolofata, Banki et d’autres villages négocier qu’on laisse ses complices arriver à Kourgui. À partir de Kourgui, il les prend lui-même sur la moto nuitamment pour la destination de Mora. En journée, ses complices disparaissent. Nous sommes scandalisés par son comportement. Personne dans notre famille ne va le soutenir. Qu’on lui applique la sanction qu’il mérite. Il a basculé dans le camp de l’ennemi à cause de l’argent, parce qu’il aime beaucoup l’argent».