Cameroun : Télévision, quand les clips frôlent l’indécence

Certains artistes n’hésitent pas à franchir le cap de l’obscénité.

Difficile de regarder ces derniers temps un vidéogramme en famille sans être embarrassé. Les clips proposés par les artistes sont de plus en plus osés. Des femmes presque nues s’y trémoussent du début à la fin. Le phénomène ne se limite pas là, elles se font accompagner par des hommes vêtus de pantalons en dessous de la taille qui laissent voir leurs sous-vêtements. « Dernièrement j’ai regardé le clip d’une jeune fille qui s’appelle Haricot sauvage la vidéo est à la limite de la pudeur. Des filles qui dansent au bord de la piscine ont des maillots de bain qui couvrent à peine les parties intimes du corps. Elles dansent et tendent leurs postérieurs face à la caméra. Avec des cheveux aux couleurs vives. C’est préoccupant, surtout pour nos enfants », se plaint François N. chef de famille.

A la suite, Armand Z. essaie d’expliquer l’origine de ce phénomène à la mode. « Il y a encore quelques années, on avait du plaisir à regarder le clip d’un artiste de bout à bout, car ce dernier racontait une histoire. Et on en tirait toujours une leçon de morale. Mais de nos jours, certains artistes veulent imiter les occidentaux. Ils oublient qu’en Afrique, le corps de la femme est sacré. Il fout que nos artistes revoient ce côté-là, ça ne va pas », dit-il. Pour Martine Amougou, danseuse, chaque artiste y va de son originalité. « Pour que le clip ne passe pas inaperçu, il faut créer quelque chose d’original. Et c’est pourquoi, la plupart des artistes mettent en avant les atouts féminins. Pour nous les danseuses ce n’est pas gênant, c’est plutôt une manière d’assumer notre féminité, en se déhanchant ainsi devant les caméras. Les téléspectateurs aiment ça, les artistes aussi et cela nous permet de gagner nos vies », explique-t-elle.