Cameroun – Success Story: Issa Hayatou, des salles de classe au sommet du football mondial

Le nouveau président par intérim de la FIFA a pris fonction le 15 octobre 2015. Fulgurant destin d’un prince Peul.

 

Issa Hayatou appartient à la grande famille Hayatou, de Garoua dont les illustres aînés sont feu Amadou Hayatou (ancien Secrétaire général de l’Assemblée nationale), Sadou Hayatou ou Garga Alim Hayatou (Secrétaire d’État à la Santé et Lamido de Garoua). Au sein de cette famille (très influente dans le nord du Cameroun), il est donc destiné à avoir de grandes responsabilités comme son frère Sadou Hayatou qui occupe le poste de Premier Ministre du pays du 26 avril 1991 au 9 avril 1992.

Entre 1964 et 1967, il pratique le 400 et 800 mètres dans sa jeunesse. Sélectionné dans l’équipe d’athlétisme de son pays, il rejoint ensuite l’équipe du Cameroun de basket-ball. Il dispute ainsi les premiers jeux d’Afrique à Brazzaville, avec les meilleurs basketteurs de son pays. En parallèle, il devient professeur d’éducation physique et sportive.

Selon le quotidien Mutations du vendredi 16 octobre 2015, c’est dans les coulisses du pouvoir que l’ancien professeur d’éducation physique et sportive au lycée général Leclerc de Yaoundé (1973-1974) a fait son bonhomme de chemin. En 1990, au lendemain de la brillante prestation des Lions Indomptables du Cameroun à la coupe du monde, Issa Hayatou devient membre du comité exécutif de la Fifa. Il pèse de sa voix pour que le continent noir passe de deux à cinq pays prenant part à la phase finale de la Coupe du monde. En 2010, il milite pour que l’Afrique abrite sa première Coupe du monde. Ce sera sur la terre natale de Nelson Mandela. De plus, Issa Hayatou a développé le football féminin en Afrique et doté la Caf d’une autonomie financière et d’une voix qui compte au concert des confédérations du football mondial.

Loin de lui nier ces lauriers, des observateurs n’en oublient pas que son pays natal, le Cameroun, reste le mauvais élève en termes d’infrastructures footballistiques. La Fédération camerounaise de football est minée par des scandales de détournement de primes, de torpillage des textes électoraux. Les moins indulgents ne taisent pas les frasques supposées ou avérées de M. Hayatou en tant que président de la Caf. Un poste avec lequel il fusionne, quitte à introduire en 2012 une mouture de modification des textes de la Caf. Et voilà que vole en éclats la limitation d’âge pour diriger cette institution. Une mesure à laquelle l’ancien gardien de but camerounais, Joseph Antoine Bell pour ne citer que lui, s’est farouchement opposé. Quoiqu’il en soit, Issa Hayatou trône à la Caf depuis…1988, soit 27 ans.

Fécafoot

Il en prend les rênes après le départ de l’Ethiopien Ydnekatchew Tessema. Tout juste avant, il présidait aux destinées de la Fédération camerounaise de football-Fécafoot-(1985-1988). Préalablement, il sera Secrétaire général de la Fécafoot (1974-1988). C’est ainsi qu’il tisse son sillon. Son mental de gagnant, il le façonne en tant qu’athlète. Sous la bannière du Cameroun, il est champion des 400 m et 800m. Plus tard, il est séduit par la balle orange et rejoint l’équipe nationale de basketball. Son moral d’acier l’aidera sûrement à braver les accusations de corruption qui ont plané sur sa personne. Il a entre autres, été cité parmi les responsables de la Fifa ayant perçu des pots-de-vin en faveur de l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Quatar. Il sera blanchi. Dans les colonnes de notre confrère Le Jour, ce fidèle musulman déclare en août 2011: «Je n’ai jamais été corrompu par qui que ce soit […] J’ai toujours dirigé le football au Cameroun, à la Caf et à la Fifa avec beaucoup de hauteur.» Balle au centre.