Cameroun – Société: L’eau potable manque dans la Région de l’Est

Les populations pointent du doigt entre autres la croissance démographique et la vétusté des équipements de la Camerounaise des Eaux. Lesdits équipements sont installés depuis 1975.

L’état des lieux dans la Région de l’Est montre que sur 33 unités administratives, seules cinq sont approvisionnées en eau potable par la Camerounaise des Eaux (CDE). Quelques localités sont servies à l’instar des villes de Bertoua et Belabo, dans le Département du Lom-et-Djerem, Batouri dans la Kadey, Abong-Mbang dans le Haut-Nyong qui compte cependant 14 unités administratives et Yokadouma dans la Boumba et Ngoko.

Et, des sources citées par le quotidien Mutations édition du 7 octobre 2016 soulignent que ces 14 unités ne sont ravitaillées en eau potable qu’à hauteur de 40%. Cela signifie qu’en réalité, 60% des populations des villes suscitées n’ont pas accès à l’eau de la CDE. Il est à indiquer que la CDE est l’entreprise publique en charge de la production et la distribution de l’eau potable.

Conséquence générale de tout cela: le liquide manque cruellement dans la Région. Dans les 28 unités administratives restantes, les populations se retournent vers les cours d’eau gratuitement offerts par la nature. Le quotidien rapporte même que dans certaines localités, les élèves se trouvent obligés de sacrifier leurs heures de sommeil et de révision de cours pour se consacrer au ravitaillement de leur maison en eau potable. Ils prennent les directions des sources privées qui s’accompagnent des conditions assez contraignantes.

«Quand on rentre de l’école, le premier réflexe est d’aller à la source puiser de l’eau», témoigne une jeune élève d’Abong-Mbang. «Parfois c’est tout simplement la boue qui coule des robinets sans compter le fait qu’on ne connait même pas le programme de rationnement de la CDE», déclare une ménagère qui vit à Bertoua, chef-lieu de la Région.

Le quotidien rapporte que, s’étant approché de la CDE, aucun responsable n’a souhaité se prononcer sur le sujet. Toutefois, indique-t-il, «pour pallier ce déficit d’eau, des programmes mis sur pied par l’État dans le cadre du Budget d’Investissement Public, l’appui des partenaires au développement et des ONG apporte un début de solution à travers l’aménagement des forages où les populations peuvent se ravitailler en eau potable».